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"Plan jeunes": ce que prévoit le gouvernement pour renforcer la formation

Le "plan jeunes" à 6.5 milliards d'euros sur deux ans dévoilé ce jeudi par le gouvernement met l'accent sur l'aide à la formation et l'orientation, en particulier vers les "métiers d'avenir".

Au lendemain d’un déplacement d’Emmanuel Macron auprès des jeunes à Chambord, le Premier ministre Jean Castex a levé le voile ce jeudi à Besançon sur le plan du gouvernement pour soutenir les 16-25 ans dont le sort préoccupe l’exécutif alors qu’une crise économique consécutive à la crise sanitaire s’abat sur la France.

Au-delà des mesures visant à faciliter l’entrée des jeunes dans la vie professionnelle, le gouvernement prévoit de mettre le paquet sur l’orientation et la formation, notamment vers les "métiers d’avenir". "Il faut faire un effort de formation considérable pour sortir de la crise", a reconnu le locataire de Matignon.

Créations de nouvelles formations vers les "métiers d’avenir"

100.000 nouvelles formations "qualifiantes ou pré-qualifiantes" seront proposées aux jeunes sans qualification ou en échec dans l’enseignement supérieur.

Ces formations seront concentrées sur des filières précises tels que les métiers de la transition écologique, du numérique, le secteur du soin et de la santé ainsi que les secteurs les plus fragilisés par la crise sanitaire (tourisme, industrie, agriculture, etc.). Les jeunes de moins de 25 ans sans qualification pourront en outre accéder d’ici la fin de l’année à une offre de formation qualifiante entièrement financée par le service public via "Moncompteformation".

Dans le secteur du soin et de la santé, les capacités de formation seront doublées avec de nouveaux parcours de manière à ce que 6000 infirmiers et 10.000 aides-soignants supplémentaires soient formés en 2021.

Le gouvernement veut également panser la fracture numérique via le "Pass numérique vers l’emploi" qui permettra à tous les jeunes de se tester et, si besoin, de se former pour acquérir "les compétences numériques attendus sur le marché du travail". 15.000 formations de ce type sont prévues sur la période 2020-2021. Toujours dans le domaine du numérique, l’Etat va soutenir la Grande Ecole du Numérique afin d’y proposer 20.000 nouvelles formations à partir de 2021.

Inciter à la poursuite des études

Pour encourager les néo-bacheliers à poursuivre leur cursus dans l’enseignement supérieur, 10.000 places supplémentaires dans les formations universitaires seront créées à la rentrée dont 4000 en licence, 3800 dans les formations paramédicales et plus de 2000 dans des formations courtes et professionalisantes d’un an.

De la même manière, la poursuite des études en BTS et CAP sera soutenue via la création de 5700 places supplémentaires pour des formations en BTS, 3600 en année de spécialisation et 2400 pour les diplômés de niveau IV ou plus qui souhaiteraient se rediriger vers un secteur professionnel via un CAP en un an.

Le CAP qui pourra justement être réalisé en trois ans pour les élèves en grande difficulté à l’issue de leur première année. Ainsi, la deuxième année pourra s’étaler sur deux ans. 4800 élèves sont potentiellement concernés par ce dispositif, soit 8% des effectifs de première année de CAP.

Un programme porté par l’AFPA (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) et développé via le Plan d’investissement dans les compétences prévoit aussi de faire découvrir d’ici 2021 des métiers à 35.000 jeunes de 16 à 18 ans écartés du cadre scolaire afin de les aider à construire leur projet professionnel.

Lutte contre la précarité

Pour lutter contre la précarité des jeunes en études ou formation, le gouvernement prévoit plusieurs mesures. Les stagiaires de formation professionnelle verront notamment leur rémunération être revalorisée à hauteur de 200 par mois pour les 16-18 ans et 500 euros pour les 18-25 ans.

S’agissant des étudiants, l’aide à la mobilité sera renforcée de 500 euros pour toute inscription dans une formation à plus de 150 km de leur résidence et nécessitant un déménagement. Entre 181.000 et 235.000 étudiants (hors Ile-de-France) sont concernés. Dans le même temps, les Crous proposeront un repas à 1 euro pour les étudiants boursiers dès la rentrée 2020.

Parmi les autres mesures visant à lutter contre la précarité, une allocation exceptionnelle de rentrée universitaire de 200 euros sera versée à 760.000 étudiants boursiers. Le coût des bourses sur critères sociaux sera quant à lui indexé sur l’inflation tandis qu’un chèque emploi-étudiant sera aussi mis en place pour soutenir le recrutement d’emplois d’étudiants.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis avec AFP Journaliste BFM Eco