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Pierre Gattaz: "L'objectif de Macron d'être à 7% de chômage, j'y crois"

Pierre Gattaz était l'invité de Stéphane Soumier ce mardi dans good Morning Business.

Pierre Gattaz était l'invité de Stéphane Soumier ce mardi dans good Morning Business. - BFM Business

Le président du Medef s'est félicité ce mardi sur BFM Business de l'espoir que fait naître l'élection d'Emmanuel Macron et l'a enjoint à aller vite sur les réformes du marché du travail.

"Nous avons la chance d'avoir élu en France quelqu'un qui a 39 ans, qui est pro-business, pro-euro, pro-Europe. Sur le plan international, c'est très positif", s'est enthousiasmé Pierre Gattaz, le président du Medef, sur BFM Business deux jours après l'élection. Mais aujourd'hui, il attend du président élu "qu'il mène ses réformes le plus vite possible, c'est-à-dire avant Noël". Et en particulier "la mère de toutes les réformes, celle du marché du travail, qui est encore trop rigide aujourd'hui".

Pierre Gattaz attend d'Emmanuel Macron une "réforme de la flexisécurité", donc d'instaurer "de la flexibilité pour les entreprises d'une part, et de la sécurité pour nos salariés en termes d'employabilité toute la vie. Il faut faire le marketing de ces réformes, nationalement et internationalement", a martelé le président du Medef. Le cocktail parfait pour le dirigeant du mouvement des patrons: flexibilisation du marché du travail, baisses de charges et baisse de la fiscalité du capital.

"Il faut faire le pari d'Emmanuel Macron"

Est-ce que la France est prête à s'engager dans cette voie? "Il a la possibilité de le faire, il y a un capital sympathie qui s'est créé autour d'Emmanuel Macron". "Il ne prend pas les gens par défaut, c'est son programme, cela fait des mois qu'il l'explique", a-t-il ajouté. À la différence de la loi El Khomri qui est "arrivée en janvier 2016 d'un seul coup, sans explications, en prenant tout le monde par surprise, y compris le camp politique de François Hollande". Ici, "c'est un renouveau, il faut faire le pari d'Emmanuel Macron et de cette nouvelle France qui peut se mettre en œuvre".

Reste à convaincre les syndicats, qui seront convoqués, comme le Medef, très prochainement par l'ancien ministre de l'Économie pour évoquer ces questions. Comment faire accepter le volet "flexibilité" des réformes? "Un chef d'entreprise, quand il embauche, c'est un investissement, avec la formation et tout cela, ce n'est pas pour sortir la hache derrière et licencier, il faut expliquer cela", répond Pierre Gattaz.

"On n'a pas trois ans pour faire les réformes"

Quant au recours aux ordonnances pour faire passer ces mesures, dont la CFDT a déjà indiqué que cela constituerait pour elle une ligne rouge: "Il faut rediscuter avec Laurent Berger et avec la CFDT pour avancer, on n'a pas trois ans pour faire les réformes, on a besoin d'un choc de confiance", a estimé le représentant des patrons. "Le monde attend ce choc de confiance. Je vois trop souvent des Allemands, des Anglais, des Américains, qui font du french bashing uniquement sur cette rigidité du code du travail, et donc ils n'investissent pas en France". Donc l'ordonnance, dans la mesure où elle est précédée d'une "loi d'habilitation, qui est négociée, qui est discutée", paraît appropriée à Pierre Gattaz.

S'il se garde bien cette fois de promettre un certain nombre de création d'emplois, Pierre Gattaz rappelle qu'en 2016, "les entreprises ont créé 190.000 emplois sur un an, dans une année où il n'y avait pas de confiance et peu ou pas de réformes". Donc "si vous avez un minimum de confiance et de retour des investissements étrangers parce que deux trois réformes ont été faites, je pense qu'on peut faire beaucoup mieux que 200.000 emplois et même beaucoup mieux qu'un million. Et l'objectif de Macron d'être à 7% de chômage, j'y crois".

N.G.