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Passer en dessous de la barre des 3 millions de chômeurs, un pari ambitieux

Selon les dernières statistiques, la France compte 3,349 millions de chômeurs de catégorie A.

Selon les dernières statistiques, la France compte 3,349 millions de chômeurs de catégorie A. - -

François Rebsamen s'est fixé, ce mardi 13 mai, l'objectif de passer sous la barre des trois millions de demandeurs d'emploi sans activité d'ici à 2017. D'un point de vue mathématique, il s'agirait "juste" de parvenir à avoir 350.000 chômeurs en moins. En réalité, c'est beaucoup plus compliqué.

Les objectifs du gouvernement en matière d’emploi changent, mais semblent toujours aussi difficiles à atteindre ! Ce 13 mai, le ministre du travail François Rebsamen s'est fixé comme ligne directrice de passer en dessous des 3 millions de chômeurs d'ici la fin du quinquennat, contre 3,349 millions actuellement.

Mais pour faire baisser de plus de 350.000 le nombre de chômeurs d'ici 2017, il faudra en réalité que l’économie française créé au total près de 700.000 emplois nets (différence entre les créations et les destructions).

D’abord parce que si l’on en croit l’Insee, 110.000 personnes entreront en moyenne chaque année sur le marché du travail au cours des trois prochaines années. Cela signifie que pour stabiliser le nombre de chômeurs, l’économie française doit au moins créer 110.000 postes par an soit 330000 d’ici à 2017. Ajoutons maintenant les 350000 chômeurs qui sont censés reprendre le chemin du travail : on frôle les 700.000 postes.

Premier problème : la croissance sera faible: 1,5% par an en moyenne au cours des trois prochaines années, le seuil minimal à partir duquel le chômage baisse. Pour donner une idée de la difficulté de la tâche : la croissance a aussi atteint 1,5% par an en moyenne après la crise de 2009 entre 2010 et 2012, et l’économie française n’a créé sur cette période que 262.000 jobs.

Le recours aux contrats aidés

Deuxième problème: il ne faudra pas relâcher l’effort sur les contrats aidés, qui bénéficient au total à 450.000 personnes par an pour un coût de 3,3 milliard d’euros. Sera-t-il possible de continuer à ce rythme vu l’état des finances publiques ? Pas sûr !

Au final, sans réformes visant à enrichir le contenu de la croissance en emplois, l’objectif du gouvernement sera difficile à atteindre.

Et c’est le troisième problème : une étude réalisé par les économistes de Natixis et parue ce 13 mai montre que les politiques de l’offre, celles qui misent sur le redressement des entreprises, celles que le François Hollande a choisi de mettre en place, mettent en moyenne quatre ans avant de produire leurs effets. Donc pas avant 2018. Un peu tard pour l’actuel locataire de l’Elysée.

Emmanuel Lechypre