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Pacte de responsabilité: le Medef veut 60 milliards de prélèvements en moins

Jean-Marc Ayrault reçoit ce 27 janvier les partenaires sociaux dans le cadre du pacte de responsabilité

Jean-Marc Ayrault reçoit ce 27 janvier les partenaires sociaux dans le cadre du pacte de responsabilité - -

Jean-Marc Ayrault reçoit ce 27 janvier patronat et syndicats afin d'évoquer la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Les syndicats s'inquiètent de l'absence de contreparties tandis que le Medef veut que la fiscalité des entreprises baisse encore davantage.

Ce lundi 27 janvier, Jean-Marc Ayrault reçoit individuellement patronat et syndicats pour évoquer la mise en oeuvre du pacte de responsabilité annoncé par François Hollande le 31 décembre. Dans quelques semaines, le Premier ministre devra d'ailleurs engager la responsabilité de son gouvernement sur ce dossier devant les députés.

Deux sujets vont dominer les rencontres de ce lundi: la baisse des charges des entreprises côté patronat, et les contreparties en terme d'emplois et de relance du dialogue social côté syndicats.

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> Le Medef veut 60 milliards d'euros de baisses de prélèvements. Le président de l'organisation patronale, Pierre Gattaz a expliqué aux journalistes, vers 13h, après son entrevue avec Jean-Marc Ayrault, que l'écart de compétitivité entre la France et l'Allemagne se traduit par un poids des prélèvements supérieur de 116 milliards d'euros dans l'Hexagone.

"Nous pensons que de prendre la moitié comme objectif en 2017 serait un bon objectif, soit 60 milliards qu'on pourrait répartir entre 35 milliards du côté du coût de travail et 25 milliards en abaissement de taxes et d'impôts", a-t-il déclaré.

> Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO), a déclaré à 11h30 qu'il ne "croyait pas" au pacte de responsabilité proposé par François Hollande aux entreprises. "J'ai réaffirmé au Premier ministre que, sur la question des contreparties en termes d'emplois et de salaires, nous n'y croyons pas", a indiqué Jean-Claude Mailly à l'issue de l'entretien. Selon lui, "les contreparties en termes d'emplois ne sont possibles que sur des aides ciblées, ce n'est pas possible sur des mesures générales". "Personne ne peut obliger les entreprises à embaucher", a-t-il fait valoir, évoquant un "marché de dupes".

> Le secrétaire général de la CGT, Thierry Le Paon, a déploré à Matignon vers 10h30 qu'il n'y ait à ce stade "aucune contrepartie" de la part des entreprises à la baisse annoncée du coût du travail.

"Nous avons en mémoire qu'il y a huit semaines seulement, Jean-Marc Ayrault nous réunissait pour une grande remise à plat de la fiscalité", a déclaré Thierry Le Paon à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre. "Aujourd'hui, le ton a changé, le gouvernement nous réunit pour nous expliquer la nature du pacte passé entre François Hollande et le président du Medef", a ajouté le dirigeant de la CGT.

> Jean-François Copé, sur Europe 1 à 8h30, a commenté : "Je trouve que tout ça (le pacte de responsabilité) se fait dans le mauvais sens parce que, comme d'habitude, ce ne sont pas les forces politiques qui sont consultées en premier alors que c'est tout de même au Parlement que les choses se passent".

"Ce qui est très intéressant, c'est de voir que la consultation commence par la CGT et que le débat, c'est qu'on va demander des contreparties avant même de parler de baisse de charges", a déploré Jean-François Copé.

"Ca vient surtout montrer que l'écran de fumée se dissipe et qu'après le grand effet d'annonce, on est en train de voir tous les bêta-bloquants se mettre en place", selon lui.

> Dans une interview au Figaro, ce 27 janvier, Arnaud Montebourg a affiché son indifférence à l'égard du scepticisme de l'agence Moody's sur les chances de succès des réformes proposées par François Hollande. "Si la nation aide les entreprises, les entreprises doivent aider la nation (...). Les chefs d'entreprises doivent dire devant la nation les efforts qu'ils pensent pouvoir réaliser en matière d'emplois et d'investissements en contrepartie de la baisse du coût du travail", estime-t-il.

> Dans une interview aux Echos de ce 27 janvier, Pierre Gattaz, le président du Medef, justifie son soutien au pacte de responsabilité tout en avançant des propositions. Il suggère ainsi "de porter le seuil du Cice à 3,5 Smic voire 4, plutôt que 2,5 actuellement. Puis il pourrait basculer vers une baisse des charges de cotisations concernant toutes les entreprises, en complément du Cice".

Le patron du Medef réclame également de revoir la CVAE, qui a succédé à la Taxe professionnelle en 2012 et qui pèse pour 15 milliards d'euros sur les entreprises.

> Dans une interview à l'Opinion, Carole Couvert, la présidente de la CFE-CGC, affirme: "nous voulons des contreparties chiffrées au niveau national et interprofessionnel (..) Si les engagements sont pris au niveau des branches, cela va prendre du temps"

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