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Baisse des charges: pour le Medef, le compte n'y est pas

Pierre Gattaz veut obtenir des clarifications sur l'allègement des charges prévu par le gouvernement.

Pierre Gattaz veut obtenir des clarifications sur l'allègement des charges prévu par le gouvernement. - -

L'organisation patronale a fait ses calculs: les 30 milliards de baisse de charges, une fois déduits les 20 milliards du CICE, cela ne fait plus qu'un allègement de 10 milliards. Et ce n'est pas suffisant pour enclencher la dynamique de création d’emploi.

Le compte n'y est pas. Dans un communiqué envoyé le 16 janvier en fin de journée, le Medef réclame une clarification de l'ambition du gouverneme sur l'allègement des charges pesant sur les entreprises. Alors qu’il y a peu, Pierre Gattaz se disait prêt à "escalader l’Everest" avec François Hollande, le Medef estime maintenant, que, tout compte fait, il manque des tentes et des piolets pour partir à l’assaut des sommets.

Car l'organisation patronale a fait les comptes : si l'on tient compte des 30 milliards de baisses de charges annoncées par François Hollande, desquels on déduit les 20 milliards du CICE amené à disparaître, il ne reste plus au final que 10 milliards d'allègement pour les entreprises.

Et 10 milliards, dit le Medef, c’est insuffisant pour enclencher la dynamique de création d’emploi au vu du différentiel de charges avec les entreprises allemandes. "L'organisme Eurostat a ainsi précisé qu'il pesait, en 2013, 116 milliards en trop de charges sur les entreprises françaises par rapport aux entreprises allemandes", rappelle l'organisation dans son communiqué.

Une baisse de l'impôt sur les sociétés

Son président Pierre Gattaz espère obtenir des clarifications sur ce point lors des vœux du président de la République aux acteurs économiques, le 21 janvier.

Pourtant, les patrons ont tous salué mardi soir le pacte de responsabilité annoncé dans le discours présidentiel. Et déjà, il n’y avait pas d’ambiguïté sur le fait que baisse de charges et CICE ne se cumuleraient pas.

Clairement le Medef veut donc peser sur la deuxième étape, celle d’une éventuelle baisse de l’impôt sur les sociétés, au risque de braquer l’exécutif qui prend déjà beaucoup de risques vis-à-vis de son électorat.

Laurent Mimouni avec BFMbusiness.com