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Offres d’emplois: internet a encore des progrès à faire

Les sites spécialisés dans la recherche d'emploi se sont multipliés ces dernières années.

Les sites spécialisés dans la recherche d'emploi se sont multipliés ces dernières années. - Cadremploi.fr

Si les sites d’emplois et autres réseaux sociaux professionnels se multiplient, un rapport pointe les risques d’inégalités entre les candidats. Et prône ainsi une meilleure régulation.

"Le marché du travail est désormais sur internet". Le constat est signé du Conseil d'orientation de l'emploi (COE), instance d'expertise rattachée à Matignon qui a dressé une liste des avantages de la situation. Mais aussi bon nombre d’inconvénients.

Le développement des sites d'emplois, des réseaux sociaux professionnels et informels et autres "plateformes de travail à la demande" depuis la fin des années 90, ont ainsi pour conséquence une "'augmentation de l'information" à disposition des candidats, des entreprises et des pouvoirs publics. Ce qui pourrait "favoriser un meilleur rapprochement de l'offre et de la demande" et "améliorer le fonctionnement du marché du travail", indiquent les experts dans un rapport.

Néanmoins, son "traitement", sa "diffusion", son "contrôle" et son "échange" deviennent "des enjeux majeurs" et posent des "questions éthiques", affirme le COE. En cause notamment, l'utilisation de "logiciels de gestion du recrutement", souvent par les grandes entreprises, pour écarter les candidatures "non pertinentes" et sélectionner automatiquement les candidats selon le niveau ou le type de diplômes ou l'expérience professionnelle, explique-t-il.

La "neutralité du marché du travail" en question

Autre point noir: "La coexistence de services "gratuits" et payants sur certains sites, avec "des risques" en matière "de neutralité du marché du travail". Ainsi, les personnes prêtes "à payer" y disposent d'"une meilleure visibilité", par exemple, "pour que leurs réponses aux offres soient présentées en premier aux recruteurs", précise le Conseil. "Il en découle un besoin renforcé de régulation", estime-t-il, proposant la création d'un "cahier des charges du recrutement" et d'une "Charte du recrutement numérique", sous l'égide de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) et du Défenseur des droits.

La charte préciserait le mode de traitement des candidatures et engagerait ses signataires à interdire "les processus de décision fondés uniquement sur des traitements automatisés", "la vente de services aux candidats" remettant en cause "la neutralité d'internet" sur l'emploi ou "le recours abusif à des pratiques" comme le "shadow scoring" (ndlr: recueil sur internet de données professionnelles et personnelles pour dresser le profil d'un candidat).

Le Conseil préconise aussi de mentionner obligatoirement sur les offres d'emploi "si une partie" du recrutement "est automatisée". Le cahier des charges s'imposerait lui "à l'ensemble des sites publiant des offres d'emploi" pour renforcer la qualité et la conformité des offres avec la loi en matière de lutte contre les discriminations.

Y.D. avec AFP