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"Nous passons à un système de flexibilité à l’allemande"

Jean-Marc Germain, le rapporteur du projet de loi transposant l'accord sur l'emploi, a défendu celui-ci, mercredi 6 mars.

Jean-Marc Germain, le rapporteur du projet de loi transposant l'accord sur l'emploi, a défendu celui-ci, mercredi 6 mars. - -

Jean-Marc Germain est député (PS) des Hauts-de-Seine, et rapporteur du projet de loi sur la réforme du travail, qui vient d'être adopté en Conseil des ministres, mercredi 6 mars. Il a répondu à BFMBusiness.com.

Quelle est, selon vous, la mesure fondamentale de l’accord du 11 janvier?

Il est maintenant plus difficile de faire un plan social, et plus facile d’effectuer un redéploiement. Nous passons, en quelque sorte, à un système de flexibilité à l’allemande, qui privilégie le chômage partiel au détriment des licenciements secs. Les plans sociaux seront maintenant soumis à l’homologation du ministère du Travail. Et les modulations du temps de travail et des salaires, seulement en cas de graves difficultés conjoncturelles, à l’accord des salariés de l’entreprise.

Comprenez-vous les critiques dans votre propre camp?

Oui, je pense que nous sommes et nous devons rester le parti de 100% des salariés, pas de 50%. Nous devons donc répondre aux inquiétudes des non-signataires. Chacun a sa façon d’anticiper les effets du projet: certains pensent que cela ne marchera pas, que les entreprises en profiteront et pas les salariés.

Pour ma part, je crois en ce projet, et nous en ferons le bilan lors de la prochaine conférence sociale, en juillet 2014. Nous allons également amender le texte pour y insérer un droit de revoyure si les effets escomptés ne sont pas au rendez-vous. Seul l’avenir nous dira qui avait raison.

Le vote des députés UMP en faveur du texte, ainsi que l’accord du Medef, peuvent paraître suspect aux yeux des sympathisants de gauche?

Il faut absolument préserver ce qu’on vient d’acquérir. Le Medef a quasiment accepter une procédure administrative de licenciement, tout de même! Quant aux députés UMP, leur choix n’est guidé que par la volonté de contrarier l’action de François Hollande. Donc il est toujours possible qu’ils changent d’avis.

Yann Duvert