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Muriel Pénicaud affirme qu’il n’y a pas encore “eu besoin” de déroger à la durée du travail

Il n'y a "pas eu besoin" de déroger à la durée du travail "pour l'instant"

Il n'y a "pas eu besoin" de déroger à la durée du travail "pour l'instant" - Ludovic Marin - AFP

La ministre du Travail explique que “pour l’instant”, il n’y a pas eu besoin de déroger à la durée du travail jusqu’à 60 heures hebdomadaires. Muriel Pénicaud précise que les secteurs les plus chargés arrivent à fonctionner sans cela.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a expliqué qu'il n'y avait pas "eu besoin", "pour l'instant", de déroger à la durée du travail jusqu'à 60 heures hebdomadaires, comme le permet une ordonnance prise fin mars. "Pour l'instant, nous n'avons pas eu besoin de le faire", a indiqué la ministre lors d'une audition devant la mission d'information Covid-19 à l'Assemblée nationale.

Elle a indiqué que les secteurs les plus chargés (santé, médico-social, agroalimentaire) arrivaient à fonctionner sans cela. "Ce sera le dernier recours, le dernier cas de figure", a-t-elle assuré, alors que cette possibilité avait suscité un tollé syndical. De fait, les décrets d'application de l'ordonnance du 25 mars n'ont pas été pris.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, avait d'ailleurs écrit à la ministre pour demander des garanties. Lui avait été répondu que les décrets seraient pris secteur par secteur et que "la validité sera définie sur une période strictement limitée aux besoins du secteur et à ceux de la Nation".

Des délais plus courts

Initialement, il était prévu qu'un décret établisse la liste des secteurs pouvant déroger à la durée du travail (de 48 à 60 heures hebdomadaires, de 44 à 48 heures sur 12 semaines), au travail dominical, ou de nuit. Ces dérogations pourront aller jusqu'au 31 décembre, selon le texte de l'ordonnance qui les prévoit. 

L'entourage du ministère du Travail avait précisé que "les décrets fixeront des délais beaucoup plus courts, vraisemblablement de quelques semaines ou de quelques mois". "Nous, à chaque réunion, on leur dit que ce ne serait pas la première fois qu'un décret ne sera pas pris après une ordonnance", glissait récemment une source syndicale à l'AFP, opposée à cette disposition.

Dix ordonnances ont été prises dans le périmètre du ministère depuis le début du confinement, a précisé la ministre, dont "l'ordonnance balai" présentée mercredi en Conseil des ministres.

D. L. avec AFP