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Michel Sapin:" il y aura une reprise de l'activité économique avant la fin de l'année"

Michel Sapin, le ministre de l'Emploi, sur Europe1 ce 29 avril

Michel Sapin, le ministre de l'Emploi, sur Europe1 ce 29 avril - -

Le ministre de l'Emploi qui s'exprimait, ce dimanche 29 avril sur Europe 1, a dénoncé les critiques socialistes à l'égard d'Angela Merkel. Sans s'engager sur l'inversion de la courbe du chômage, il a prédit une reprise économique à la fin de l'année. Mais il n'a pas voulu évoquer un possible remaniement.

Premier ministre du gouvernement à s'exprimer oralement sur la polémique concernant les critiques de certains socialistes à l'égard d'Angela Merkel, Michel Sapin a été très ferme :"le terme de confrontation (utilisé jeudi par Claude Bartolone, ndlr) est un terme totalement inaproprié et inadapté, c'est un contresens dans la relation entre la France et l'Allemagne (..) C'est une erreur de mot et de concept".

En revanche, il a estimé qu"'il y a bien un débat ferme avec l'Allemagne" sur la croissance et la relance. Tout en concédant : "l'Allemagne est les seul pays européen à avoir commencé à réequilibrer ses comptes publics". "La vraie question maintenant, c'est de savoir comment on va dépenser les 130 miliards du plan de relance européen", a affirmé le ministre de l'Emploi. Il a, à l'occasion, envoyé un satisfecit à la Banque centrale européenne: "heureusement qu'elle est là".

> Chômage et croissance

Concernant l'emploi, Michel Sapin s'est voulu optimiste malgré les mauvais chiffres du chômage de mars. Il ne s'est pas engagé sur une inversion prochaine de la fameuse courbe du chômage, mais a estimé qu'"avant la fin de l'année, il y a aura une reprise de l'activité économique" en France comme en Europe.

A cette occasion, il a voulu mettre en avant la future loi sur l'emploi pourtant contestée à gauche et dans le monde syndical, qui "sera l'une des très grandes lois du quinquennat" et qui aura des "conséquences positives pour l'emploi".

Il a aussi remarqué que toutes les organisations syndicales sont dans des débats dans les entreprises pour négocier des accords de compétitivité, mais sans cadre. Désormais, il y aura un vrai cadre, s'est-il réjoui."Les Français ont compris que les entreprise puissent s'adapter en période de difficultés économiques mais aussi que les salariés doivent être protégés".

> Amnistie sociale

"Pour le gouvernement, l'amnistie n'a jamais été considérée comme un bon texte (..) D'ailleurs, elle n'est pas un marqueur de gauche", a lâché Michel Sapin en référence à la décision de ne pas soutenir la proposition de loi de gauche ur cette procédure. Il considère d'ailleurs les Français sont aujourd'hui hostiles à toute amnistie. "Mais je serai intransigeant à l'encontre des patrons qui seraient condamnés. Là aussi, il n'y aura pas d'amnistie."

Sur le climat actuel, Michel Sapin ne craint pas de "confrontation sociale", malgré les différentes manifestations récentes sur les sujets sociétaux comme sociaux.

> Réformes et remaniement

Il y aura une réforme profonde de la formation professionnelle avant la fin de l'année, a rappelé Michel Sapin. S'il n'y a pas d'accord entre partenaires sociaux, le gouvernement prendra seul ses responsabilités, comme pour l'accord sur la sécurisation de l'emploi.

"La question est de savoir si les milliards gérés par les partenaires socaiux eux-mêmes vont aux bonnes personnes, d'abord les jeunes, puis les chômeurs, et ceux qui ont une très faible qualification dans les entreprises".

Il est aussi revenu sur la réforme des retraites. "Le gouvernement a donné un certain nombre d'orientations, c'est normal, et avant la fin de l'année nous aurons pris les décisions pour avoir un système pénnene
à long moyen et court terme". Mais il n'a pas voulu s'engager sur les pistes, en particulier celle de l'allongement de la durée de cotisation.

Enfin, il n'a pas voulu commenter le mot "reconfiguration du gouvernement" qu'aura employé récemment en privé François Hollande pour évoquer un remaniement avant le mois de juin.

P.C.