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Maurice Taylor s’en prend (encore) au modèle français

Maurice Taylor multiplie les sorties contre la CGT, considérée comme un obstacle à la reprise de Goodyear par Titan.

Maurice Taylor multiplie les sorties contre la CGT, considérée comme un obstacle à la reprise de Goodyear par Titan. - Titan International

Le PDG de Titan s’est une nouvelle fois fait remarquer en s’en prenant au droit du travail français, et bien évidemment à la CGT.

L’épisode Goodyear a dû être particulièrement douloureux pour Maurice Taylor, le PDG de Titan, auteur d’une nouvelle sortie contre le modèle social français. "Il est mieux de faire des affaires en Russie aujourd'hui qu'en France", a déclaré Maurice Taylor à l'AFP.

"En France il y a des syndicats communistes. C'est comme en Chine. La Russie, elle, n'est pas communiste quand il s'agit des affaires. C'est plus une démocratie dans ce sens-là", avec une législation du marché du travail similaire à celle des États-Unis.

Pour le dirigeant, "en Russie on a une chance de gagner de l'argent", sous-entendant que ce n'est pas le cas en France où on devrait, selon lui, écouter un peu plus les chefs d'entreprise.

Maurice Taylor s'en prend vivement aux syndicats de l'usine d'Amiens-nord qui a fermé définitivement il y a un an mais dont le démantèlement a été suspendu en juin par la justice française à la demande des syndicats. "Ils ne voulaient pas travailler. Ils voulaient que ça ferme pour empocher les indemnités de licenciement. Ensuite, ils avaient espoir que quelqu'un viendrait leur demander: 's'il vous plaît venez travailler pour moi', critique vivement le dirigeant. "Goodyear leur a versé des indemnités de licenciement. C'est tout ce qu'ils voulaient", insiste-t-il.

"Je ne pense pas que quelqu'un voudrait copier la France en matière de droit du travail"

Cette nouvelle sortie de Maurice Taylor contre la législation française et les syndicats intervient après que Titan a trouvé un accord de licence avec Goodyear lui permettant de distribuer en Afrique et en Europe, y compris en France, des pneus fabriqués dans son usine russe basée à Volgograd, l'ancienne Stalingrad. "Nous sommes arrivés en Russie, avons racheté une ancienne entreprise publique qui avait un peu trop d'employés. La législation locale nous a permis d'en licencier un grand nombre sans problème tout en leur versant des indemnités. En France on nous imposait de reprendre la majorité des salariés" de l'usine d'Amiens-nord, développe le patron américain.

"On voit beaucoup de belles architectures faites par des Français reproduites dans le monde mais je ne pense pas quelqu'un voudrait copier la France en matière de droit du travail", a-t-il asséné.

Y.D. avec AFP