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Maurice Taylor : le patron de Titan est un habitué des coups d’éclat

Le patron de Titan, Maurice Taylor, ici dans un spot de campagne, semble savoir comment gérer son entreprise mais aussi les Etats.

Le patron de Titan, Maurice Taylor, ici dans un spot de campagne, semble savoir comment gérer son entreprise mais aussi les Etats. - -

Celui qu’on surnomme "The Grizz" Outre-Atlantique, a pour ennemi l’Etat providence. Portrait de cet homme bourru qui abreuve les dirigeants politiques de conseils. Dernier en date : Arnaud Montebourg à propos des salariés de Goodyear.

Une lettre qui fait beaucoup parler. Celle du patron de Titan à Arnaud Montebourg. Le PDG du fabricant de pneus américain y annonce renoncer à reprendre le site Goodyear d'Amiens Nord. Il y critique notamment des "salariés qui touchent des salaires élevés mais ne travaillent que trois heures". Un style très cash, caractéristique de son auteur.

Quand on a lu la lettre adressée à Arnaud Montebourg, on comprend aisément le surnom de Maurice Taylor : "The Grizz", le grizzly. Un sobriquet que lui ont attribué les analystes de Wall Street à cause de son côté bourru.

Cela fait trente ans qu'il est dans le pneu. Ingénieur de formation, il est passé par General Motors. Son entreprise actuelle, Titan, a une spécialité : reprendre des sites en faillite et les remettre sur pied. Son ennemi ? L'Etat providence et l'administration sous toutes ses formes. Il suffit de lire son blog : "Quand on vous dit que le gouvernement va vous aider, vous pourriez aussi bien croire à la petite souris".

Candidat à la primaire républicaine en 1996

Maurice Taylor a même eu sa petite heure de gloire. En 1996, il se présente à la primaire républicaine avec un programme radical, détaillé en vidéos : supprimer un tiers des fonctionnaires. Il obtient moins de 1% des voix.

Depuis, il est l'un des grands critiques de la politique de Barack Obama, qu'il abreuve de conseils. Dans une lettre de 2010, il lui propose de geler les retraites des fonctionnaires, de supprimer tous les ambassadeurs, inutiles selon lui, à l'heure du numérique.

"Je me moque que les gens m'aiment ou non, dit-il. Je veux juste faire le job". Et on va peut-être réentendre parler de lui. Il avait prévenu l'an dernier : en cas de réélection d'Obama, il se représentera en 2016.

Anthony Morel et Gaetane Meslin