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Martinez (CGT): "Nous allons organiser la résistance dans les entreprises"

Philippe Martinez défilera à Paris jeudi

Philippe Martinez défilera à Paris jeudi - Ludovic Marin - AFP

Dans un entretien aux Échos, le leader de la CGT estime, à quelques jours de la quatrième journée de manifestation contre les ordonnances, que "rien n'est impossible si le rapport de force est là".

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, veut "organiser la résistance" contre les ordonnances "dans les entreprises" et reproche au chef de l'État de parler uniquement "aux privilégiés" dans un entretien au quotidien Les Échos.

Avant la quatrième manifestation jeudi, à laquelle FO s'associe pour la première fois, Philippe Martinez affirme: "Nous allons organiser la résistance contre l'application des ordonnances dans les entreprises", jugeant que "rien n'est impossible si le rapport de force est là".

Il estime par ailleurs que la situation sur le front du chômage ne s'améliore pas: "Les emplois précaires et les petits boulots se multiplient et toute la politique d'Emmanuel Macron vise à importer en France ce type d'emploi que l'on trouve dans les pays anglo-saxons et en Allemagne".

Macron "parle aux privilégiés"

Et de critiquer la décision de ne plus diffuser mensuellement mais par trimestre les chiffres de chômage, jugeant qu'il s'agit de "camouflage" et d'une "décision condamnable". "Il est important de connaître les évolutions mensuelles", affirme-t-il.

Il estime aussi que "Les Français ont constaté que le président ne vit définitivement pas dans le même pays qu'eux". "Il parle aux privilégiés et aux autres il demande de la flexibilité et des efforts", reproche-t-il.

Interrogé sur la suite après la mobilisation programmée de jeudi, Philippe Martinez répond: "pour la suite, nous verrons".

Interrogé sur la réforme en cours de la formation professionnelle et de l'apprentissage envisagée par le gouvernement, le numéro un de la CGT n'est "pas d'accord sur sa volonté d'attribuer la responsabilité de la formation des chômeurs aux régions et de l'apprentissage aux branches professionnelles".

"La logique doit rester nationale et globale, en particulier sur les diplômes", a-t-il ajouté.

"Bien sûr" les syndicats sont mortels

Sur la réforme de l'assurance chômage et l'indemnisation des démissionnaires, il estime que "le gouvernement commence à rétropédaler sur le sujet". "Le risque est grand que cela se retourne contre les salariés, soit qu'ils quittent leur emploi sans perspective soit qu'ils soient forcés à démissionner", estime-t-il.

Il se dit par ailleurs en désaccord avec le contrôle effectué par Pôle Emploi de la recherche d'emploi chômeurs: "on montre du doigt quelques tricheurs pour faire oublier que la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés", a-t-il dit.

Interrogé sur le fait de savoir si, comme son homologue qui dirige la CFDT, Laurent Berger, il pensait que les syndicats étaient mortels, il a répondu, "bien sûr". "Si les syndicats ne prennent pas en compte la diversité du monde du travail, ils ont du souci à se faire", a-t-il ajouté.

Interrogé aussi sur le fait de savoir si la CGT préférait défiler avec FO qu'avec la CFDT, Philippe Martinez a répondu: "pas du tout". "On a des désaccords de fond avec la CFDT mais il y a des sujets sur lesquels on pourrait travailler ensemble".

J.M. avec AFP