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Martinez: "Ce n'est pas la première fois que monsieur Macron pense que les Français sont des imbéciles"

Le secrétaire général de la CGT a, sur BFMTV-RMC ce vendredi, répondu au président de la République qui avait affirmé la veille que les Français n'aimaient pas les réformes. Il a également rappelé les points de la future réforme du code du travail qui lui posent problème.

Philippe Martinez a, pour reprendre ses mots, "du boulot". Avec la fin des négociations autour de la réforme du code du travail, et une mobilisation prévue contre le futur texte le 12 septembre, le secrétaire général de la CGT a en effet du pain sur la planche.

Pourtant, comme il le dit lui-même, les syndicats ne connaissent pas encore exactement le contenu du texte. "On connaît les tendances mais nous n'avons aucun texte", a-t-il expliqué sur BFMTV-RMC. "Les tendances majeures c'est la continuité en XXL de ce qui a été fait l'année dernière (la loi El Khomri, NDLR) et ce qui se fait depuis des années et qui ne marche pas", a précisé le numéro 1 de la CGT. Avant d'ajouter: "C'est une réforme qui va renforcer la précarité sur le modèle anglais".

Il en a ensuite profité pour énumérer les points qui posent problème à son syndicat: à savoir "la primauté de l'accord d'entreprise sur les branches", les contrats de chantier ("On appelle ça des CDI mais c'est de la précarité sur plusieurs années") ou la possibilité de définir les modalités des CDD au niveau des branches. "Selon la branche, le renouvellement pourra être fait, 10 fois, 15 fois", s'est-il alarmé, sur ce dernier point.

"Les Français refusent les mauvaises réformes"

Philippe Martinez a ensuite été invité à réagir à la déclaration prononcée en Roumanie par Emmanuel Macron. Le président de la République a en effet affirmé que "la France n'est pas un pays réformable" et que les Français "détestent les réformes".

"Ce n'est pas la première fois que Monsieur Macron pense que les Français sont des imbéciles. Et il le dit", a réagi le leader de la CGT estimant que ces propos reviennent à dire "les Français, quand on leur propose une réforme sont trop bêtes pour comprendre ce qu'on leur propose". "Les Français refusent les mauvaises réformes", a-t-il ajouté.

"Une réforme ça doit améliorer la situation de ceux qui ont du boulot, ceux qui n'en ont pas, ceux qui sont précaires. Une réforme c'est du progrès social". Or "toutes les réformes qu'on nous propose depuis des décennies et dont la dernière, vont à l'encontre des intérêts des salariés", a développé Philippe Martinez.

Et le responsable syndical d'accuser Emmanuel Macron d'"être, lui, le conservateur". "Il fait la même chose que ses prédécesseurs. La loi Travail d'aujourd'hui c'est la même que l'année dernière en pire. C'est celle qu'il n'a pas réussi à faire passer lui l'année dernière".

J.M.