BFM Business

Loi Travail: la CFDT acquiesce, la CGT et FO ne décolèrent pas

Laurent Berger a vu des progrès

Laurent Berger a vu des progrès - Patrick Kovarik - AFP

"Laurent Berger, le leader de la CFDT, a salué les ajustements présentés par Manuel Valls sur le projet de loi Travail tandis que la CGT et FO n'y ont évidemment pas trouvé leur compte."

L'opération reconquête de Manuel Valls auprès des syndicats a-t-elle été couronnée de succès? S'il est encore trop tôt pour donner une réponse définitive, il semble toutefois que le Premier ministre ait marqué des points auprès de la CFDT.

Manuel Valls a, en effet, renoncé à rendre obligatoire le barème définissant les indemnités pour licenciement abusif aux prud'hommes. Il est également revenu sur la possibilité pour l'employeur d'appliquer sans accord le forfait-jour dans les PME de moins de 50 personnes.

Deux mesures qui étaient, justement, réclamées par la CFDT. On ne s'étonnera donc pas que du côté du deuxième syndicat français, le ton soit clairement descendu d'un cran par rapport à la première version du texte. Son secrétaire général Laurent Berger a ainsi considéré "avoir fait avancer ce texte".

"Un projet de loi qui était déséquilibré, qui n'était pas compris, qui faisait courir des risques aux salariés devient un projet de loi qui peut potentiellement être porteur de progrès pour les jeunes et porteur de progrès pour les salariés", a-t-il affirmé. Laurent Berger s'est dit toutefois vigilant sur un point: la rédaction des dispositions sur le licenciement économique.

Sur ce dernier point, l'exécutif n'a pas répondu à la demande de la CFDT. Le syndicat souhaitait que le périmètre géographique retenu pour définir ce type de licenciement ne soit pas seulement la France mais au moins l'échelon européen. Le syndicat craignait en effet que les entreprises profitent de cette mesure pour mettre artificiellement en perte leurs activités françaises, et transfèrent leurs bénéfices à l'étranger.

Au lieu de changer l'échelle, le texte a été réécrit pour faire en sorte de requalifier le licenciement économique en licenciement sans cause réelle s'il est avéré que les difficultés financières ont été organisées artificiellement. Au final, la CFDT a indiqué qu'elle rendrait son verdict définitif mercredi et jeudi.

Du côté de l'autre grand syndicat réformiste, la CFE-CGC, sa présidente Carole Couvert a elle retenu la date du 21 mars pour donner un avis définitif, comme elle l'avait d'ailleurs déjà annoncé à BFM Business.

Si les syndicats réformistes pourraient donc bien changer leur ligne face au texte, ce n'est sans surprise pas le cas de la CGT et de Force ouvrière. Les deux syndicats demandaient le retrait pur et simple du texte, ce qui n'est pas arrivé.

Jean-Claude Mailly, le leader de FO a ainsi confirmé sur Twitter qu'il campait sur sa position. Idem pour Philippe Martinez, son homologue à la CGT, qui a lui déclaré que la mobilisation était "plus que jamais d'actualité".

Du côté des étudiants, si l'Unef a, là encore sans surprise, appelé à poursuivre les manifestations, la Fage, elle, a adressé un satisfecit au gouvernement.

J.M.