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Les propositions du Cercle des économistes pour sauver l'emploi des jeunes

Parmi les 15 propositions pour éviter une explosion du chômage, le Cercle des économistes suggère à chaque entreprise de recruter un jeune. Une embauche qui serait partiellement ou totalement prise en charge par l'Etat pendant un an.

Les rencontres économiques d'Aix-en-Seine ont lancé dimanche un appel pour éviter une explosion du chômage, notamment des jeunes, articulé autour de 15 propositions, à l'issue de trois jours de débats à Paris.

Alors que la situation des 700.000 jeunes attendus cet automne sur le marché de l'emploi devrait être particulièrement difficile à cause des conséquences économiques de la pandémie de coronavirus, le Cercle des économistes, associé notamment à des organisations de jeunesse comme la Fage (1er syndicat étudiant) et l'Unef, demande que tous les chefs d'entreprise s'engagent à recruter au moins un jeune en fin d'études.

"Ce recrutement sera pris en charge totalement ou partiellement par l'Etat pour une durée d'un an", selon la déclaration finale des Rencontres, également signée par le cabinet de recrutement Mozaïk RH ou la fondation catholique Les apprentis d'Auteuil, entre autres.

Développer la formation 

Face à la crise qui frappe de manière inégale les différents secteurs de l'économie, il faut "un développement considérable de la formation" et "une garantie de logement" alors que "la difficulté à se loger bloque la mobilité géographique des salariés", a expliqué l'économiste Patrick Artus. Les signataires veulent pour cela "réguler les prix du foncier en allongeant la durée des prêts immobiliers" et "en supprimant la TVA pour la première acquisition".

Ils proposent aussi d'instaurer "une allocation unique universelle qui regroupe toutes les prestations sociales existantes de lutte contre la pauvreté et la précarité en une seule prestation unique, évolutive et simple". Plusieurs propositions visent à "relancer au niveau européen et français les filières productives innovantes", notamment en créant une agence européenne pour financer des innovations de rupture, sur le modèle américain.

"Ces agences couvriraient les domaines de la défense, du numérique, de l'énergie et de la santé", a détaillé l'économiste Philippe Aghion, qui a aussi présenté la proposition de "Buy European Act" pour que les gouvernements s'engagent à acheter européen. "L'innovation verte et le maître-mot de la lutte contre le réchauffement climatique", a-t-il encore dit.

La déclaration propose enfin de décentraliser en donnant aux régions "toutes les compétences sur l'emploi" et réformer l'administration en évoluant "vers un modèle d'agences à la suédoise où les administrations publiques ont une autonomie budgétaire et opèrent à partir d'objectifs sur lesquels ils sont évalués ex-post".

P.L avec AFP