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Les pistes du gouvernement pour sauver l'apprentissage

Emmanuel Macron présentera jeudi ses mesures d'urgences pour l'apprentissage, un dispositif qui a fait ses preuves ces dernières années. En jeu: le sort de centaines de milliers de jeunes diplômés qui vont se retrouver sur le marché du travail à la rentrée.

"Si on ne fait rien, l’apprentissage est mort !" alerte un haut responsable patronal. Le message est reçu 5 sur 5 au gouvernement, d’autant qu’il avait réussi avant la crise à faire repartir la filière. L'année 2019 avait, en effet, battu tous les records avec une hausse de 16% du nombre d'apprentis par rapport à l'année précédente. La France en comptait ainsi 491.000 fin 2019 dont 368.000 nouveaux contrats, selon les données du ministère du Travail.

Mais c'était avant la crise et la situation s'annonce très compliquée pour la rentrée de septembre. "Pas question donc de laisser tomber après tous ces efforts" résument en chœur l’exécutif et les partenaires sociaux.

Le gouvernement va donc donner un coup de pouce financier aux entreprises pour les aider à continuer à embaucher des apprentis: l’Etat va prendre à sa charge une partie des salaires. De son côté, le Medef demande une aide de 10.000 euros pour le recrutement d’un apprenti.

Prolonger la formation

"La tuyauterie pourrait aussi être réorganisée pour cibler les jeunes en priorité" explique-t-on à la CFE-CGC. "On pourrait par exemple piocher dans les 1,5 milliard d'euros dédiés chaque année à la formation des chômeurs de longue durée" précise le syndicat des cadres.

Enfin, le gouvernement va permettre aux jeunes de prolonger leur formation pendant plusieurs mois pour approfondir leurs compétences… en attendant que le marché du travail s’améliore.

Au-delà des apprentis, l’exécutif va alléger les charges pour l’embauche des jeunes afin d'éviter, d’après les partenaires sociaux, que "90% d’entre eux ne se retrouvent au chômage à la rentrée". Emmanuel Macron présentera ses mesures d’urgence jeudi.

Thomas Sasportas avec Thomas Leroy