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Les négociations sur l'emploi pourraient (enfin) être contructives

La CGPME a effectué un geste fort, mercredi 5 décembre, en ouvrant la porte à une taxation des CDD "abusifs".

La CGPME a effectué un geste fort, mercredi 5 décembre, en ouvrant la porte à une taxation des CDD "abusifs". - -

Les partenaires sociaux se retrouvent une nouvelle fois, ce jeudi 6 décembre, pour aborder le thème de la sécurisation de l'emploi. Des négociations qui pourraient connaître des avancées concrètes, après le geste fort de la CGPME mercredi.

Les négociations sur la sécurisation de l’emploi ont peut-être abordé un tournant décisif, alors que le texte censé poser les bases d’un accord sera à nouveau discuté par les partenaires sociaux, ce jeudi 6 décembre.

Le geste de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), tend en tout cas à le laisser penser. Son président, Jean-François Roubaud a, en effet, fait savoir qu’une taxation des contrats à durée déterminée "abusifs" était envisageable. Ce qui permettrait de garder en l’état la législation pour des contrats concernant des congés maternité ou maladie, par exemple.

Un geste salué par les syndicats, tant les négociations patinaient jusqu’à présent, notamment sur ce sujet délicat, qui consisterait à taxer les CDD afin de favoriser l’embauche en Contrat à durée indéterminée (CDI).

La CGPME exige des contreparties

A y regarder de plus près, ce pas en avant de la CGPME est avant tout un coup tactique qui la place en position de force. Car les différentes parties se retrouvent dans l’obligation, elles aussi, de faire des concessions pour ne pas être accusées d’avoir fait échouer le dialogue social.

Si la CFTC semble être réceptive, Force Ouvrière pencherait plus pour un système de quotas (une augmentation des cotisations patronales à partir d’un certain pourcentage de CDD dans une entreprise). Le Medef, lui, oppose un refus toujours aussi catégorique à toute forme de taxation des CDD, contestant le fait que qu’une telle mesure favorise l’embauche en CDI. Pourtant, le syndicat patronal va devoir lui aussi céder à la logique du compromis.

Surtout, la CGPME, en débloquant en partie les négociations, se retrouve en mesure d’exiger des contreparties. La principale consisterait à réduire le délai pour les salariés désirant saisir les Prud’hommes en cas de contentieux, de cinq à un an. Un souhait que Jean-François Roubaud avait déjà exprimé sur BFM Business, lundi 3 décembre. Un plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif est aussi au cœur de ses revendications.

Yann Duvert