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Les Français estiment que les caissières mériteraient d'être augmentées de plus de 20%

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78f/334ae69b594ba444182ccb5dfd476 - sébastien bozin AFP

La crise sanitaire a mis en valeur l'utilité de nombreuses professions pourtant peu valorisées et peu rémunérées. Interrogés par le Crédoc, les Français considèrent que les caissières payées à peine au dessus du smic, devraient gagner 21% de plus dans l'idéal, tandis que la rémunération des cadres devrait être diminuée de 10%.

Quelle valeur donner à une profession? La pandémie a mis en lumière des professions indispensables pour le fonctionnement de la société, mais pourtant peu considérées, tels que les éboueurs, les aides-soignants, les infirmières, ou encore les caissiers. Lors du confinement, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) a interrogé les Français sur ce que gagnaient ces professions selon eux et quelle devrait être leur rémunération. 

Il en ressort que les Français ont une bonne connaissance des niveaux de salaires net, souligne le Crédoc. Ils estiment qu' un caissier ou une caissière de supermarché gagne 1309 euros en moyenne, soit un salaire légèrement supérieur au SMIC (1204 euros). Pour qu'elles perçoivent une rémunération juste pour leur travail, les personnes sondées estiment qu'elles devraient recevoir 271 euros de plus par mois, soit une augmentation de 21%.

Déjà une envie d'égalité il y a 20 ans de cela

Le centre de recherche a également demandé quelle était la rémunération nette selon eux, d’un cadre ou d’une profession intellectuelle supérieure : les répondants l'ont estimé à 4840 euros en moyenne," soit un montant très proche de celui obtenu par l’INSEE à partir des déclarations annuelles de données sociales (DADS)", précise le Crédoc. Pour cette catégorie de professionnels, les Français verraient bien leur rémunération diminuée de 415 euros, soit une baisse de 10%. Ce qui reviendrait à réduire le rapport de salaire net estimé entre les deux catégories de 3,2 à 2,39

Ces chiffres soulignent le désir de réduire les écarts entre les salaires des deux professions mais sans pour autant chambouler l'ordre social.

"Malgré la très forte médiatisation de ces métiers souvent invisibles, et le soutien apporté par la population, applaudissant tous les jours aux balcons les professions "indispensables" à se nourrir, se soigner, …la hiérarchie des salaires existant aujourd’hui n’est pas complètement remise en cause", indique le rapport de l'étude.
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Cette classification des salaires a la vie dure, car le Crédoc avait posé la même question il y a 20 ans. Les Français aspiraient déjà à revoir les inégalités de salaires, en baissant celui des cadres de 14% et en augmentant les caissières de 32%. Mais deux décennies n'ont rien changé aux rémunérations des plus modestes.

Coralie Cathelinais