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Les écarts de salaires entre pays seront fortement réduits d'ici à 2030

Le salaire des ouvriers indiens, ici dans une usine Panasonic, devrait quadrupler d'ici à 2030.

Le salaire des ouvriers indiens, ici dans une usine Panasonic, devrait quadrupler d'ici à 2030. - -

Les rémunérations vont augmenter fortement dans les pays émergents, révèle une étude de PwC publiée ce 28 septembre. Les entreprises pourraient alors faire le choix de relocaliser certaines activités de production dans leur pays d'origine.

Les écarts de salaires entre les économies "matures" et les économies "émergentes" devraient diminuer de manière significative d'ici à 2030, affirme une étude du cabinet de conseil PwC publiée ce samedi 28 septembre.

Même si les rémunérations appliquées en Inde et aux Philippines vont rester parmi les plus faibles, les salaires moyens mensuels pourraient quadrupler dans le premier pays (passant de 132 en 2011 à 616 dollars en 2030) et tripler dans le second (de 169 à 581 dollars).

Pendant ce temps, les salaires réels en France passeraient de 3.821 dollars à 5.022 en 2030), aux Etats-Unis de 3.482 à 4.574 dollars ou en Grande-Bretagne de 3.433 à 4.665 dollars, soit une croissance d'un tiers environ.

Ce qui mathématiquement conduit à réduire les écarts. Le rapport entre les salaires réels moyens en France et en Inde passerait ainsi de 28 fois supérieurs à 8 fois. Entre les Etats-Unis et le Mexique, le rapport passerait de 7 à 4.

Revoir sa stratégie de délocalisation

Si ces hausses de salaires dans les pays émergents semblent positives pour les employés concernés, elles ne sont pas sans conséquences sur l'avenir de l'emploi. Car les entreprises pour conserver leurs marges pourraient appliquer de nouvelles stratégies.

"Les entreprises pourraient relocaliser certaines activités de production ou de services dans leur pays d'origine, comme ont déjà commencé à le faire certaines sociétés américaines" comment l'étude.

En France, cette perspective est ardemment soutenue par Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui multiplie les incitations envers les entreprises françaises.

Autre scénario possible : les sociétés pourraient transférer leurs activités dans des pays à relativement plus bas coût. C'est notamment le cas pour la filière textile en Chine, en recul en raison de l'attractivité plus forte du Pakistan par exemple.

Enfin, les entreprises pourraient aussi se réimplanter dans des pays où les coûts sont initialement plus élevés, mais qui sont géographiquement plus proches, renforçant ainsi leur contrôle sur leur chaîne d'approvisionnement.

C.C. avec AFP