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Les difficultés de déplacement, un frein à l'emploi

40% des Français estiment ne pas disposer d'un accès facile et rapide au réseau de transport.

40% des Français estiment ne pas disposer d'un accès facile et rapide au réseau de transport. - Thomas Coex- AFP

Près d'un Français sur quatre déclare avoir déjà refusé un travail ou une formation, faute de pouvoir s'y rendre. C'est ce que met en évidence un sondage réalisé pour le Laboratoire de la mobilité.

Quand on évoque les freins pour un retour à l'emploi, c'est surtout le manque de qualification qui est souvent avancé. Moins connu, le manque de mobilité est aussi pourtant à prendre en compte. 7 millions de personnes, soit 20% des Français en âge de travailler, rencontrent des difficultés de déplacement dans leur quotidien.

Cela a des conséquences dans la recherche d'un emploi. Près d'un Français sur cinq a dû renoncer à un entretien d'embauche ou à un rendez-vous dans une structure d'aide à la recherche d'emploi parce qu'il n'a pu s'y rendre, selon un sondage (1) réalisé pour le Laboratoire de la mobilité inclusive, créé par Wimoow et Total pour que les acteurs des sphères publiques, privées et associatives se mobilisent sur les questions de mobilité. 

En plus de gêner la recherche d'emploi, les difficultés pour se déplacer sont aussi un frein pour accepter un job. Un Français sur quatre a ainsi refusé un travail ou une formation faute de pouvoir s'y rendre.

Ce sont les 18-24 ans et les personnes dont le revenu est inférieur à 1.000 euros qui sont les plus nombreux à être touchés par ces problèmes de déplacement ayant entravé leur accès à l'emploi.

"La mobilité, ça s'apprend"

Comment se traduisent ces difficultés de mobilité? Les personnes peuvent ne pas avoir leur permis de conduire ou bien ne pas avoir les moyens d'acheter et d'entretenir un véhicule. Elles peuvent aussi habiter dans une zone où les transports en commun sont inexistants: 40% des Français estiment ne pas disposer d'un accès facile et rapide au réseau de transport. Il y a aussi des situations de handicap qui rendent les déplacements compliqués.

"En plus des freins d'ordre matériel, financier ou physique, il existe un frein cognitif. Certaines personnes ont peur d'utiliser les transports ou des difficultés à appréhender l'intermobilité, c’est-à-dire savoir quel bus prendre en sortant du train", explique Florence Gilbert, directrice générale de Wimoov et présidente du Laboratoire de la mobilité. Dans ce cas, les professionnels de Wimoov pourront les aider à repérer leur trajet en amont, voire les accompagner lors de leur premier déplacement. "La mobilité, ça s'apprend", met en avant Florence Gilbert. Les résultats sont là: 50% des personnes ayant bénéficié d'un accompagnement par Wimoov ont retrouvé un emploi.

Pour aller plus loin, le Laboratoire de la mobilité vise plusieurs objectifs: simplifier et coordonner les aides à la mobilité, faciliter la collaboration entre les acteurs du transport, de l'action sociale, de la solidarité et du développement économique. Les régions, qui ont désormais la responsabilité des transports, doivent aussi se mobiliser en intégrant dans leur politique un volet mobilité qui prend en compte les difficultés de chacun.

(1) sondage réalisé auprès d'un échantillon de 1.003 personnes, représentatif de la population française.

Coralie Cathelinais