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Le Smic augmenté, mais sans coup de pouce, en 2018

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- - Michele Danyau - AFP

Le ministère du Travail a annoncé ce vendredi que le Smic serait revalorisé en 2018, en deux temps, selon un calcul compliqué qui prend en compte l'évolution des prix et du pouvoir d'achat. Mais il n'accorde aucun coup de pouce au salaire minimum.

Les salariés rémunérés au Smic toucheront 20 euros de plus en janvier, puis 15 euros supplémentaires à partir d'octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum et à l'exonération, en deux étapes, des cotisations chômage et maladie.

Le Smic horaire passera au 1er janvier de 9,76 à 9,88 euros brut après la hausse de 1,24% annoncée vendredi par le ministère du Travail, la plus forte depuis 2012. Pour un temps plein, le salaire minimum atteindra 1.498,50 euros brut mensuels, soit 18 euros de plus par mois.

Mais en net, la hausse sera plus forte, grâce aux exonérations de cotisations chômage et maladie, votées dans le budget de la sécurité sociale. Dès le 1er janvier, les salariés du privé verront leurs cotisations baisser de 2,2 points, un gain rogné en partie par une hausse de 1,7 point de la CSG. Deuxième étape: au 1er octobre, les charges baisseront de nouveau, de 0,95 point.

Baisse des cotisations plutôt que coup de pouce

Résultat: le ministère parle d'une augmentation nette de "20 euros par mois de janvier à septembre, puis de 35 euros à partir du 1er octobre" et calcule "au total" une hausse sur l'année de 285 euros. Le Smic horaire net s'établira ainsi à 7,83 euros à partir d'octobre, soit 1.188 euros mensuels, a-t-il indiqué.

Si le gouvernement a choisi le levier des baisses de cotisations pour amplifier la hausse du Smic, il n'a, en revanche, pas consenti de "coup de pouce" au salaire minimum. Il suit ainsi l'avis du groupe d'experts sur le Smic, une instance consultative composée d'économistes qui, cette année encore, a recommandé de "s'abstenir de tout coup de pouce", afin de ne pas "fragiliser les améliorations en cours".

L'"embellie" de l'économie française est "d'une ampleur moindre que celle observée dans l'environnement économique immédiat de la France", a plaidé le groupe d'experts, citant notamment une croissance "nettement inférieure à celle de la zone euro" et une baisse du chômage "plus faible en France".

L'État n'a plus accordé de coup de pouce au Smic depuis juillet 2012, au lendemain de l'élection de François Hollande.

N.G. avec AFP