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Le secteur du service à la personne compte sur une réforme du crédit d'impôt pour doper l'emploi

Expérimentée actuellement, la contemporanéité du crédit d'impôt pour les foyers ayant recours à des services à la personne pourrait faire sortir 150.000 à 300.000 personnes du travail au noir, estime Antoine Grezaud, directeur général du FESP, la première fédération du secteur.

40 milliards d'euros, 1,7 million de travailleurs. C'est ce que représente le marché en forte croissance des services à la personne. Mais la moitié de cette activité se fait encore "au noir" malgré la possibilité pour les foyers d'obtenir un crédit d'impôt qui permet de récupérer (de manière décalée) la moitié des dépenses engagées.

Pour la Fédération des entreprises du service à la personne (FESP) qui représente 45% des entreprises du secteur, une réforme de ce crédit d'impôt est aujourd'hui nécessaire. D'ailleurs, une expérimentation est actuellement en cours dans deux départements, comme l'explique ce mercredi dans l'émission "12h, L'heure H" sur BFM Business son président Antoine Grezaud.

Vers une généralisation en 2021

"Tous les ans, il y a un projet de texte qui s'appelle le PLFSS, le projet de loi de finances de la sécurité sociale, et tous les ans, notre fédération comme les autres est très attentive à ce que, on appelle ça des niches fiscales mais nous on appelle ça des niches sociales, soient maintenues pour un maximum de métiers pour un maximum d'intervenants. Il s'est passé quelque chose d'intéressant (...), le législateur a donné mandat au gouvernement pour mettre en place une expérimentation autour du crédit d'impôt instantané, on appelle ça la contemporanéité. Cet été, dans deux départements, en Ile-de-France et dans le département du Nord, il va y avoir une expérimentation qui est toute simple", détaille-t-il.

Et d'expliquer: "Quand je suis chef d'entreprise et que quelqu'un vient me voir en disant 'je voudrais une aide à domicile', je dis que ça coûte 20 euros mais in fine il y aura 10 euros (d'effectivement payés, NDLR) dans le cadre du crédit d'impôt. L'avance de trésorerie, c'est au particulier de la faire, avec ce système là. (Avec) le crédit d'impôt instantané, immédiatement, la personne paiera 10 euros et c'est en ça que c'est un avantage assez important car la voisine, elle paye 10 euros au black la même personne qui fait le même métier. Notre grand concurrent, c'est le travail au noir". "C'est une mesure de simplification assez historique", insiste Antoine Grezaud.

Une enveloppe de 900 millions d'euros a été débloquée pour mener à bien cette expérimentation dont la généralisation est prévue pour 2021. Pour quels gains? "Potentiellement, c'est un secteur qui peut se développer à hauteur de 30% et d'après les chiffres et simulations qu'on fait avec l'Etat, on est sur l'idée de pouvoir apporter sur le marché de l'emploi 150.000 à 300.000 personnes en plus, donc des personnes qui sortiraient du travail au noir".

Olivier Chicheportiche