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Le principal syndicat français de pilotes dénonce les compagnies qui font du chantage à l'emploi

Le SNPL s'érige contre des "pratiques de dumping social" (image d'illustration)

Le SNPL s'érige contre des "pratiques de dumping social" (image d'illustration) - Stéphane de Sakutin - AFP

Alors que le secteur aérien est en crise, le SNPL France s'indigne des pratiques de certaines compagnies qui revoient à la baisse la rémunération des pilotes sans concertation préalable.

Le syndicat de pilotes SNPL France Alpa a dénoncé jeudi les "pratiques inacceptables" de "profiteurs" cherchant à imposer des baisses de rémunération aux pilotes.

"Un questionnaire envoyé par une société de placement (Brookfield aviation) en pleine crise demandait aux pilotes quelles baisses de rémunération ils étaient prêts à accepter pour continuer à pouvoir exercer leur métier" et "s'ils étaient prêts à travailler gratuitement", s'indigne le syndicat dans un communiqué.

Les pilotes ont besoin de voler régulièrement, au moins sur simulateur, pour maintenir la validité de leur licence, a relevé Olivier Rigazio, du bureau exécutif du SNPL France Alpa, interrogé par l'AFP.

"Nous pensions alors avoir touché le fond" mais "une autre compagnie réussit à faire mieux dans l'inadmissible", a dénoncé le SNPL en désignant Buzz, une des compagnies du groupe Ryanair. "Ses pilotes sont tous sous un statut de 'contractor' au travers d'une agence de placement (Warsaw aviation), pratique des faux indépendants considérée au niveau européen comme étant déjà plus que discutable", a-t-il affirmé.

Une baisse pouvant atteindre 20%

Ces pilotes touchent "un revenu minimum forfaitaire calculé à partir d'une grille de rémunération horaire fondée sur l'expérience du pilote (...) Dès le début de la crise de la Covid, les pilotes travaillant pour Warsaw aviation se sont vu imposer, au travers d'un chantage à l'emploi, une baisse de leur rémunération minimum garantie, comprise entre 10 et 20%", selon le communiqué.

"Sans aucune concertation préalable", Warsaw aviation "a décidé de revoir, de manière unilatérale et non écrite, les critères d'expérience de la grille tarifaire, occasionnant ainsi une baisse de rémunération supplémentaire, et ce, avec effet rétroactif sur plusieurs mois", a poursuivi le SNPL.

Celui-ci s'érige contre ces "pratiques de dumping social" et demande au gouvernement de "porter la voix des pilotes au niveau européen afin que soit interdite (...) l'embauche de pilotes sous statut d’indépendant".

"Le recours aux faux indépendants se développe chez les compagnies low-cost et les compagnies charter", a indiqué à l'AFP Olivier Rigazio. Alors que le secteur est en crise, "nous ne sommes pas contre une baisse de salaire, mais là les pilotes font l'effort et la compagnie ne s'engage à rien", a-t-il estimé.

C.C. avec AFP