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Le numéro deux du PS à la tête de Banque publique d'investissement?

Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, a eu beaucoup de mal avec le dossier de la BPI

Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, a eu beaucoup de mal avec le dossier de la BPI - -

Selon Le Figaro, le député PS Guillaume Bachelay, proche de Martine Aubry, pourrait devenir patron de la future Banque publique d'investissement qui doit être officiellement mise en orbite le 17 octobre prochain.

Le gouvernement a-t-il enfin trouver la perle rare, l'homme qui va diriger la future Banque publique d'investissement (BPI), promise par François Hollande durant la campagne présidentielle ?

Selon Le Figaro du 4 octobre, il s'agirait de Guillaume Bachelay, député PS de Seine-Maritime, proche de Laurent Fabius avant de travailler avec Martine Aubry au PS dont il est l'actuel numéro deux.

Si ce choix se confirme pour la direction générale de la BPI, il mettra fin à un long suspens. Plusieurs candidats ont été sollicités ou se sont proposés, mais aucun ne faisait jusque là l'unanimité au sein du gouvernement. Il est vrai que trouver un haut fonctionnaire de gauche, prêt à travailler aussi bien avec Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, qu'avec Jean-Pierre Jouyet, le patron de la Caisse des dépôts, qui sera le président de la BPI, n'est pas chose facile.

Ancien directeur adjoint de cabinet de Martine Aubry puis de Lionel Josipin, l'énarque Dominique Marcel aurait bien accepté le poste. Mais son passage à la direction de la Caisse des dépôts -qui sera actionnaire de la BPI- lui interdisait en fait de postuler.

Numéro deux du Crédit Mutuel, Nicolas Théry qui est passé par le cabinet de DSK à Bercy aurait carrement refusé la proposition. Tout comme François Villeroy de Galhau, l'ancien directeur de ce même cabinet de 1997 à 2000, et aujourd'hui numéro deux de BNP Paribas. Un autre proche de DSK, Stéphane Boujnah (Banque Santander), était intéressé, mais il n'a pas que des amis parmi les actuels conseillers ministériels et à l'Elysée.

A défaut, le nom de Louis Gallois, ancien patron d'EADS, qui rendra le 8 octobre un rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, a été évoqué. De même que celui d'Anne Lauvergeon. Mais l'ex-présidente d'Areva ne se voulait pas se contenter d'un poste de directeur mais lorgnait la présidence de la BPI promise à Jean-Pierre Jouyet.

Jean-Pierre Jouyet, le patron de la CDC, veut aussi avoir son mot à dire
Jean-Pierre Jouyet, le patron de la CDC, veut aussi avoir son mot à dire © -

Parcours du combattant

La naissance de la BPI, prévue officiellement le 17 octobre, n'a pas été de tout repos pour le gouvernement. Il a d'abord dû ferrailler avec les présidents de régions qui voulaient détenir le pouvoir au sein de la BPI au motif que 90% des investissements seront réalisés en province. Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances, qui pilote le projet de BPI, a finalement réussi à imposer la présence de l'Etat.

Est intervenue ensuite la polémique sur le choix de la banque Lazard France, dirigée par Matthieu Pigasse, très proche du PS et propriétaire des Inrockuptibles, hebdomadaire dirigée par la compagne du ministre Arnaud Montebourg, comme conseil du gouvernement pour la constitution du nouvel établissement.

Patrick Coquidé