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Le Medef veut des baisses des cotisations sur les salaires moyens et élevés

Le Medef demande un geste de 30 milliards d'euros

Le Medef demande un geste de 30 milliards d'euros - Éric Piermont - AFP

L'organisation patronale chiffre le coût de la mesure à 20 milliards d'euros, rapportent les Échos. Pour financer la mesure, le Medef propose de réduire la dépense publique et/ou augmenter la TVA ou la CSG.

Le Medef veut un nouveau (gros) coup de pouce pour les entreprises. L'organisation propose de réduire les cotisations sociales sur les salaires intermédiaires et élevés, via l'instauration d'une franchise de cotisations qui diminuerait le coût de tous les emplois, a indiqué aux Échos un responsable de l'organisation patronale.

Le conseil exécutif du Medef a établi des propositions en matière de financement de la protection sociale, et demande dans ce cadre que les entreprises bénéficient de 30 milliards d'euros supplémentaires d'allégements de charges, a expliqué Claude Tendil, président de la commission protection sociale et membre du conseil exécutif du Medef, dans un entretien au quotidien économique à paraître mardi.

Et le Medef voudrait que cette manne serve pour la majeure partie à réduire le coût des emplois de tous les salaires, y compris intermédiaires et élevés, alors qu'actuellement les allégements de charges sont concentrés sur les bas salaires.

Un geste à 20 milliards d'euros

Dans le détail, "nous proposons d'instaurer une franchise de cotisations sur pratiquement les 1.000 premiers euros de salaire mensuel, ce qui permettra de supprimer les nombreux effets de seuil actuels, à 1,6 SMIC, puis 2,5, puis 3,5 SMIC", a expliqué M. Tendil aux Echos.

Sur les 30 milliards d'allègements de charges qu'il appelle de ses voeux, le Medef souhaiterait que 20 milliards soient consacrés à cette franchise de cotisations (bénéficiant à tous les emplois), tandis que les 10 milliards restants serviraient à amplifier les baisses de cotisations sur les bas salaires "pour continuer à soutenir les emplois peu qualifiés".

Pour payer ce nouvel allégement massif de charges, qui s'ajouterait aux 40 milliards d'euros annuels du pacte de responsabilité, Claude Tendil suggère deux pistes à "la majorité sortie des urnes" en 2017 : "s'attaquer au poids de la dépense publique", et financer plus fortement la protection sociale via l'impôt, estimant que "tout ce qui relève de la solidarité nationale doit être financé non par les cotisations, mais par un impôt à assiette large, TVA ou CSG".

En outre, le Medef, qui préconise aussi "60 milliards d'euros d'allégements fiscaux", selon Claude Tendil, propose que le Crédit d'impôt compétitivité emploi soit transformé en baisse de charges sociales "dès 2018". En début d'année, le président François Hollande avait déclaré vouloir transformer le CICE en baisse définitive de charges sociales au-delà de 2017, sans s'engager sur un calendrier précis.

J.M. avec AFP