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Le Medef satisfait par Hollande, la CGT et FO déçues

François Hollande a convaincu le Medef, pas les syndicats, jeudi 16 mai.

François Hollande a convaincu le Medef, pas les syndicats, jeudi 16 mai. - -

Le Medef s'est montré très satisfait de l'intervention de François Hollande, ce jeudi 16 mai. Au contraire de la CGT et FO, qui dénoncent le manque de référence aux préoccupations des Français.

Les réactions se succèdent après l’intervention de François Hollande à l’Elysée, jeudi 16 mai. Au sein du monde syndical, les réactions sont partagées et, une fois n’est pas coutume, c’est du Medef qu’est venu le satisfecit le plus appuyé.

"L'engagement résolument européen du Président de la République en direction d'un gouvernement économique de la zone euro correspond à la vision que le Medef promeut", indique l’organisation patronale. "Le président de la République a par ailleurs souhaité une France à l'offensive, en rappelant l'exigence de compétitivité de la France(…) Le Medef encourage cette ligne et appelle à développer une politique plus ambitieuse de réduction budgétaire."

Du côté de la CGPME, on se montre moins enthousiaste, regrettant que "le président de la République n'a(it) pas apporté aujourd'hui de précisions sur les mesures supplémentaires qu'il entend mettre en oeuvre pour sonner la mobilisation contre le chômage, et mettre fin à l'inquiétude actuelle des chefs d'entreprise."

"Pour autant, on peut légitimement saluer le souci du Président de la République de garantir l'avenir des retraites en prenant acte du fait qu'il faudra désormais travailler plus longtemps", indique le mouvement représentant les Petites et moyennes entreprises.

La CGT et FO déçues

Les syndicats de salariés, eux, n’ont pas été convaincus par le chef de l’Etat. Force Ouvrière "constate l'absence de référence au pouvoir d'achat, moteur de l'activité économique alors que celui-ci baisse, ainsi que la consommation. Dans ce contexte, les questions économiques et sociales feront l'objet de débats tendus à la conférence sociale de juin."

La CGT, par l’intermédiaire de Thierry Lepaon, a dénoncé une intervention "en-dehors des préoccupations des Français, qui sont la question des salaires et de l'emploi, notamment industriel. Sur ces deux questions-là, il n'y a aucune réponse concrète qui puisse laisser entendre qu'on ait une amélioration."

"Il s'en remet à l'Europe, or on sait que l'Europe aujourd'hui est économique et monétaire, elle est tout sauf sociale", a affirmé le dirigeant à l’AFP.

Avant de poursuivre : "sa solution pour inverser la courbe du chômage, ce sont les emplois d'avenir qui vont être livrés au privé, c'est quand même un comble. Au moment même où on nous dit qu'il n'y a pas moyen d'embaucher les fonctionnaires, il nous dit qu'il y a moyen de payer par l'impôt des salariés qui vont travailler dans le privé !"

Y. D.