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Le Medef réclame des chiffres "fiables" sur le nombre de bénéficiaires du chômage partiel

Geoffroy Roux de Beyzieux dénonce le mode de calcul du nombre de salariés en chômage partiel "Si vous demandez une matinée de chômage partiel par mois, ça compte pour un".

Geoffroy Roux de Beyzieux dénonce le mode de calcul du nombre de salariés en chômage partiel "Si vous demandez une matinée de chômage partiel par mois, ça compte pour un". - AFP

Lors d'une réunion organisée au ministère du Travail, le Medef a "découvert" que les chiffres communiqués pour avril étaient "exagérés" puisqu'ils concernent le nombre de demandes et non le nombre de personnes effectivement en chômage partiel. L'organisation réclame des chiffres fiables pour les mois de mai et juin avant de revoir le dispositif.

Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a réclamé jeudi au gouvernement des chiffres "fiables" sur le chômage partiel avant toute révision du dispositif. Lors d'une réunion organisée mardi entre le ministère du Travail et les numéros un des organisations patronales et syndicales, le Medef a "découvert" que les chiffres communiqués pour avril étaient "exagérés" et "qu'on devait tourner autour de six millions de salariés en équivalent temps plein". En avril, 8,6 millions de salariés étaient au chômage partiel, selon le ministère. Ceux de mai ne sont pas encore connus.

"La ministre a surcommuniqué sur 12 millions, 13 millions de salariés en chômage partiel. On a tous découvert (mardi, NDLR) que ces chiffres sont faux: c'est le cumul des demandes de chômage partiel. Si vous demandez une matinée de chômage partiel par mois, ça compte pour un", a-t-il ajouté.

Le Medef demande donc "à avoir des chiffres précis sur le mois de mai et précis sur le mois de juin. Je pense que ce serait une erreur de bouger le système avant d'avoir ces chiffres", a ajouté Geoffroy Roux de Bézieux.

La CFDT s'inquiète d'une baisse de la prise en charge

Alain Griset, président de l'U2P, a de son côté demandé "le coût en euros du dispositif", assurant que "ça va être beaucoup, beaucoup moins important que ce qui avait été dit au début".

De son côte Laurent Berger (CFDT) s'inquiète d'une baisse de prise en charge pour les salariés. "S'il est question de baisser la prise en charge pour les travailleurs dans les semaines et les mois qui viennent, c'est une folie!", a prévenu le secrétaire général de la CFDT lors d'un "grand débat" en visioconférence entre les dirigeants des principales organisations patronales et syndicales, organisé par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

"Ce sera socialement extrêmement brutal, complètement contre-intuitif avec l'idée de la relance de la consommation dont on parle ces temps-ci", a-t-il ajouté, alors que la ministère du Travail discute depuis lundi avec les syndicats et le patronat d'un nouveau dispositif de chômage partiel, à la demande d'Emmanuel Macron. "Les salariés n'ont pas choisi cette situation. La CFDT sera opposée à une baisse de la prise en charge du chômage partiel pour les salariés", a-t-il insisté.

Au début du confinement, en avril, la ministre du Travail Muriel Pénicaud avait indiqué que le chômage partiel pourrait coûter près de 20 milliards d'euros, alors que le dispositif n'était pas encore entré en régime de croisière.

C.C. avec AFP