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Le Medef déçu par le rapport Badinter

Pierre Gattaz a regretté la "couche normative supplémentaire" ajoutée selon lui par le rapport Badinter.

Pierre Gattaz a regretté la "couche normative supplémentaire" ajoutée selon lui par le rapport Badinter. - Betrand Guay - AFP

L'organisation patronale a fait connaître sa "grande déception" après la remise du rapport Badinter à Manuel Valls. Et parle d'une "profonde régression".

Le rapport Badinter, énumérant les 61 "principes essentiels" du futur Code du travail, n'a visiblement pas fait sauter les dirigeants du Medef au plafond. 

"C'est une grande déception pour les entreprises, car ce n'est pas d'une reformulation dont notre droit du travail a besoin, mais d'une évolution profonde", écrit la principale organisation patronale dans un communiqué. "La préface laisse entendre qu'il s'agirait d'une couche normative supplémentaire, qui se situerait quelque part entre la loi normale et la Constitution", s'inquiète-t-elle, y voyant "une profonde régression".

"Rajouter une couche de complexité à un code du travail obèse et illisible serait donc une erreur majeure", ajoute le Medef, appelant a contrario à "simplifier l'ensemble de ce droit".

"Un décalage grandissant"

"Face à un projet de loi porté par Mme El Khomri (ministre du Travail, NDLR) qui ne semble pas répondre à l'ambition et à l'urgence de la situation et à un profond questionnement quant à la portée du rapport Badinter, le Medef s'inquiète d'un décalage grandissant entre l'affichage réel d'une ambition de réformes et des textes très loin de traduire cette ambition", fustige l'organisation.

"Il faut désormais avancer clairement, sans faux semblants, loin de demi-mesures qui ne feraient qu'ajouter de la confusion à la complexité", poursuit-elle.

Dans la matinée, avant la remise du rapport à Manuel Valls, Pierre Gattaz avait jugé que le gouvernement était devant "une opportunité historique pour faire bouger les lignes" et émis le souhait que la future loi El Khomri "ne loupe pas ce rendez-vous avec l'Histoire".

Y.D. avec AFP