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Le dossier Alstom s'est invité dans les défilés du 1er mai

Les syndicats ont été désunis ce 1er mai.

Les syndicats ont été désunis ce 1er mai. - -

Plusieurs leaders syndicaux ont évoqué leurs craintes liées à ce feuilleton, jeudi 1er mai. La CGT doute notamment que l'emploi soit préservé en France.

Comme le veut la tradition, les syndicats ont célébré, jeudi 1er mai la fête du travail. Environ 100.000 personnes ont manifesté dans toute la France, selon le ministère de l'Intérieur et la préfecture de police de Paris. La CGT évoque, elle, un chiffre de 210.000 participants. Au final, le niveau de la mobilisation a été grosso modo le même que l'an dernier.

Les syndicats ont, une fois de plus, manifesté en ordre dispersé en raison de leurs divergences sur le pacte de responsabilité, dispositif gouvernemental qui a l'appui de la CFDT et de l'Unsa mais qui est dénoncée par la CGT et FO.

Mais un autre sujet, plus récent, est revenu sur les lèvres des leaders syndicaux: le dossier Alstom. Le groupe français compte vendre sa division énergie, qui représente plus de 70% de son chiffre d'affaires. Parmi les deux prétendants, l'américain General Electric a une nette longueur d'avance sur l'allemand Siemens.

"Un scandale" pour Laurent Berger

Aussi bien Thierry Lepaon, secrétaire général de la CFDT que Laurent Berger, son homologue à la CFDT, ont exprimé leurs inquiétudes dans ce feuilleton.

Le premier cité a critiqué Bouygues, l'actionnaire de référence d'Alstom, avec environ 30%. "Un actionnaire décide de s'en aller (Bouygues, ndlr) ce qui met une entreprise industrielle en danger, et en fait la proie d'un Américain ou d'un Allemand", a regretté Thierry Lepaon. Et ce alors que "contrairement à ce qu'on raconte, Bouygues a touché beaucoup de dividendes de la part d'Alstom". "Ce ne sont pas les actionnaires qui permettent d'assurer la pérennité des entreprises", a -t-il conclu . En outre, qui peut croire "que l'emploi ne sera pas affecté en France"? s'est-il interrogé.

Laurent Berger a lui dénoncé "un scandale": "que les représentants des salariés aient appris cela dans la presse". Sans choisir une offre ou une autre, la CFDT favorise "la logique d'alliance plutôt que de vendre". Le risque, selon lui, serait que ce soit "les Américains qui décident à qui l'on vend les turbines pour les centrales nucléaires". La présidente du Front National, Marine Le Pen, a elle évoqué, devant la Place de l'Opéra à Paris, "une trahison nationale", parlant d'"un fleuron victime d'un euro trop cher qui ruine notre compétitivité.

"La logique d'austérité" critiquée

En dehors de ce sujet, les syndicats sont restés sur leur ligne. Jean-Claude Mailly (FO) a, sur BFMTV, critiqué "la logique d'austérité" du gouvernement. "Ce qu'est en train de mettre en place le gouvernement va être récessif à court terme, comme le pensent aussi d'autres économistes", a souligné le leader syndical.

Thierry Lepaon a lui égratigné un peu plus l'exécutif en déclarant, au tout début de la manifestation CGT-FO-FSU-Solidaires, que "la différence entre la politique de Nicolas Sarkozy et celle de François Hollande, on a du mal à la mesurer, nous avons le sentiment que c'est la poursuite de la précédente: non aux salaires, non à l'emploi, oui au déclin industriel de notre pays". A l'inverse, sur BFMTV, Laurent Berger a lui de nouveau défendu le pacte de responsabilité du gouvernement.

Désunis ce 1er mai, les syndicats feront front commun le 15 mai prochain, cette fois pour protester de concert contre le gel du point d'indice des fonctionnaires.

Julien Marion