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Le congé paternité est-il entré dans les moeurs?

Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a annoncé sur son compte personnel qu'il allait prendre 2 mois de congé paternité après la naissance de sa fille. Une initiative encore peu suivie, même en France.

Facebook va devoir se passer de son patron pendant deux mois. Mark Zuckerberg a annoncé sur sa page personnelle qu'il allait prendre deux mois de congés après la naissance de son premier enfant, une fille. "Une décision très personnelle" précise-t-il, rappelant que Facebook permet à ses salariés aux États-Unis de prendre jusqu’à quatre mois de congé maternité ou paternité payés. Cette décision a eu un important retentissement outre-Atlantique.

Un argument pour attirer les talents

Aux États-Unis, le congé paternité n'est pas une obligation pour l'employeur. Cela dépend uniquement du bon vouloir des entreprises: seules 15% d'entre elles offrent aux pères la possibilité de s'absenter pour s'occuper de leur enfant tout en gardant leur salaire. Du côté des entreprises technologiques, c'est devenu l'argument majeur pour attirer les talents. Par exemple, chez Netflix c'est illimité l'année qui suit la naissance!

Mais qu'en est-il en France? Le congé paternité existe depuis 2002: les jeunes papas ont droit à 11 jours consécutifs à prendre dans les quatre premiers mois de leur enfant, en plus des 3 jours prévus pour une naissance. 75% des pères l'utilisent désormais mais rares sont ceux qui prennent tous leurs jours. Selon Robert Half, 9 nouveaux pères sur 10 n’avaient pas pris leur congé paternité en totalité en 2013.

Une perte de salaire

Pourquoi une telle frilosité ? Pour des questions financières. L'indemnisation du congé paternité est plafonnée à 82,32 euros par jour. Si vous avez un salaire brut de 2.500 euros par exemple, vous gagnez 119 euros par jour hors week-end, autant dire que prendre ces quelques jours coûteront cher au final. Du coup, de nombreuses grandes entreprises comme BNP Paribas, Orange ou Axa compensent la perte de salaire. Mais chez les plus petites sociétés c'est plus rare.

Les mentalités évoluent

Mais si les pères ont jusqu'à présent hésité à s'absenter, c'est aussi par peur d'être mal vu. Mais les mentalités changent. “Les premiers pères à avoir bénéficié du congé paternité en 2002 sont aujourd’hui à des postes de management. Ils sont donc beaucoup plus compréhensifs vis-à-vis des jeunes pères d’aujourd’hui”, précise aux Echos Laure Bruère-Dawson, responsable de la Diversité chez EY.

Au final, 3,5% des 500.000 bénéficiaires du congé parental sont des hommes. L'objectif du gouvernement: arriver en 2018 à 100.000 pères en congé parental, rebaptisé “prestation partagée d'éducation de l'enfant”.

Laure Closier édité par C.C.