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"Le 26 mai est une mobilisation d'ordre politique, ForceOuvrière n'a pas à s'en mêler"

Le nouveau secrétaire général de Force Ouvrière, Pascal Pavageau, a indiqué que son syndicat n'appellerait pas à se mobiliser auprès de Jean-Luc Mélenchon à la fin du mois, ce lundi sur BFMTV-RMC.

Pour sa toute première interview depuis qu'il a remplacé Jean-Claude Mailly à la tête de Force Ouvrière, Pascal Pavageau a détaillé la position qu'il compte tenir à propos des mobilisations politiques à venir, de la réforme de la SNCF et du conflit social chez Air France sur BFMTV et RMC ce lundi.

Pascal Pavageau, qui tutoyait Emmanuel Macron quand ce dernier travaillait à Bercy et que lui s'occupait des affaires économiques de FO, n'envisage plus de le faire maintenant qu'il est président de la République. Pas plus que de lui envoyer des SMS, comme cela avait pu arriver à cette période. Un président dont le nouvel homme fort de FO loue la personnalité "cash" qui clarifie les choses, tout en dressant un bilan sévère de sa première année au pouvoir.

"Sur l'aspect comm', c'est 20/20, sur l'aspect social, c'est le rattrapage (...) Le candidat à la présidentielle avait promis d'avancer sur deux jambes : flexibilité et sécurité. La première on l'a bien prise en pleine face".

Il critique également la méthode d'Emmanuel Macron, qui revient selon lui à "Je pense donc tu suis", sans reconnaître aux syndicats leur rôle "dans la proposition de solution ou dans la construction du modèle social".

"L'engagement syndical est noble"

En dépit de ces critiques, Pascal Pavageau n'appellera pas à défiler aux côtés de Jean-Luc Mélenchon le 26 mai prochain. "C'est une mobilisation d'ordre politique, nous n'avons pas à nous en mêler", a-t-il indiquer. FO n'appellera pas à l'inverse à ne pas s'y rendre, mais "si quelqu'un veut y aller, il n'y va pas avec l'étiquette Force ouvrière".

Plus généralement, Pascal Pavageau veut mettre son mandat à profit pour lutter contre le "syndicalisme bashing". "L'engagement syndical est noble", a-t-il martelé, "défendre les baleines, défendre la planète c'est bien, mais défendre les travailleurs, c'est bien aussi".

Sur la SNCF, alors que le leader de FO sera reçu ce lundi à Matignon comme ses homologues des autres syndicats, estime qu'il y a matière à nouer un dialogue social constructif "si on ne met pas le TGV avant les bœufs".

Il regrette la "vision dogmatique" du gouvernement, "une posture idéologique, parce que le gouvernement considère que le statut c'est l'ancien monde" et "décide de manière totalement arbitraire alors que l'Europe ne l'impose absolument pas sur l'ouverture à la concurrence, de casser le statut de cheminots".

La France n'attend pas la casse du statut des cheminots

"On n'est pas à un mois près franchement. La France, elle n'attend pas la casse du statut des cheminots pour pouvoir économiquement repartir et être plus compétitive". "Donc je demande un moratoire d'un mois pour avoir une vraie négociation de branche". Avant d'envoyer le texte de loi qui vient d'être validé en première lecture à l'Assemblée au Sénat, "une négociation ultra-rapide sur la question du statut".

Sur Air France, engagé dans un bras de fer avec ses salariés sur les hausses de salaires qui a donné lieu à 13 jours de grève, Pascal Pavageau a estimé que l'entreprise ne risquait pas de disparaître.

"La compagnie vient de perdre 300 millions, nous explique-t-on, uniquement de la responsabilité de la direction. Encore une fois, il s'agit de refus de négociation, refus de dialogue la négociation, et contourne les syndicats en procédant à un référendum salarié".

Il reproche par ailleurs à l'État, qui détient environ 14% du capital d'Air France, de n'être pas intervenu en disant à la direction "ne faites pas l'erreur de contourner les organisations syndicales". Reconnaissant que "toute entreprise dans un système ultra-concurrentiel doit pouvoir se positionner", il estime que "s'il y avait eu un accord qui permettait de redistribuer une partie de la richesse créée aux salariés, il n'y aurait pas ces pertes".

N.G.