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Laurent Berger, successeur confirmé de François Chérèque à la CFDT

Laurent Berger arrive à la tête de la CFDT

Laurent Berger arrive à la tête de la CFDT - -

Le syndicat va profiter du changement à sa tête, officiellement acté mardi 28 novembre, pour se positionner vis-à-vis du gouvernement. Assez près pour jouer un rôle central mais pas trop, pour éviter d’être taxé de connivence. Reportage : Gaëtane Meslin et Marion Druau

La CFDT tourne officiellement la page François Chérèque. Le secrétaire général du syndicat a passé la main ce mercredi 28 novembre à Laurent Berger, lors d'une assemblée générale de la confédération.

Ce quadra, fils de militant, venu du milieu associatif, entend maintenir la ligne d'un syndicat réformiste, qui doit trouver la bonne distance avec le pouvoir.

Ni trop loin ni trop proche. Pas trop loin pour pouvoir peser de tout son poids dans les nombreuses négociations lancées par le gouvernement Ayrault.

La CFDT a aujourd’hui une chance historique de jouer un rôle central sur l'échiquier syndical. Car il y a une culture et une sensibilité socialiste bien ancrée au sein de la centrale : ses militants ont d'ailleurs voté à 42% pour François Hollande au 1er tour de la présidentielle.

La CFDT se remet à peine de l'hémorragie de 2003

Pas trop proche pour ne pas être taxée de connivence avec le gouvernement. Le positionnement de François Chérèque pendant la présidentielle avait d'ailleurs été prudent : "ni neutre ni partisan".

Certes, Laurent Berger a de nombreuses affinités avec Jean-Marc Ayrault (notamment leur passé dans les jeunesses chrétiennes de l'ouest de la France), mais il devra savoir prendre ses distance, sous peine de se couper de sa base militante. Une base qui pourrait se tourner vers des syndicats plus radicaux.

Pas question de revivre l'hémorragie qui avait suivi le soutien de François Chérèque à la réforme des retraites en 2003, hémorragie dont elle vient tout juste de se remettre.

Delphine Liou