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La taxation de l'épargne salariale mécontente certains socialistes

Le Sénat examinera à partir de mardi le collectif budgétaire déjà voté par l'Assemblée (Photo : DR)

Le Sénat examinera à partir de mardi le collectif budgétaire déjà voté par l'Assemblée (Photo : DR) - -

Dans une tribune aux Echos, l'ancien député PS Jean-Pierrre Balligand s'en prend à l'augmentation du "forfait social" inscrite dans le collectif budgétaire en cours d'adoption. Cette hausse va directement toucher sept millions de salariés.

Tous les socialistes n'applaudissent pas à la hausse du forfait social contenue dans le collectif budgétaire en cours d'adoption au Parlement.

Dans Les Echos de ce lundi 23 juillet,l'ancien député PS, Jean-Pierre Balligand, qui fut président du conseil de surveillance de la Caisse des dépôts, signe une tribune avec Jean-Louis Beffa, président d'honneur de Saint-Gobain -qui n'a jamais été vraiment hostile aux socialistes-, pour dénoncer la hausse de ce forfait.

Payé par les entreprises sur les sommes versées à leurs salariés sous forme d'intéressement et de participation, ce forfait était fixé jusque-là à 8%. Il doit passer à 20% au 1er septembre une fois le collectif budgétaire promulgué. Ce qui permettra à l'Etat de récupérer 2,4 milliards d'euros en année pleine. Une somme que le gouvernement s'engage à reverser aux régimes de retraites.

Ce dernier prévoit également d'inclure participation et intéressement dans l'assiette des rémunérations retenues pour les allégements de charges sur les bas salaires.

Impact négatif de cette hausse sur le pouvoir d'achat et l'emploi

Au total, selon les signataires de la tribune des Echos, les entreprises vont payer entre quatre et cinq milliards d'euros supplémentaires par an. Elles vont donc renégocier leurs accords d'intéressement et de participation qui deviendront moins intéressants pour les sept millions de salariés concernés.

Les auteurs déplorent que la première mesure du gouvernement envers les entreprises "consiste à établir une taxe qui va frapper lourdement les seules entreprises profitables".

"L'interessement étant très majoritairement versé à son bénéficiaire, l'impact sur le pouvoir d'achat sera instantané, estiment Jean-Pierre Balligand et Jean-Louis Beffa. Il y aura un impact direct sur l'emploi, celui-ci étant largement dépendant de son coût global", ajoutent-ils.

Au total, les effets directs et indirects de la mesure envisagée "coûteront très vite aux comptes publics bien plus que les recettes escomptées".

Le socialiste Jean-Pierre Balligand n'est pas le seul à s'inquiéter des conséquences de cette hausse du forfait social. En privé, beaucoup de députés PS craignent qu'elle ne déçoive les salariés, en particulier les cadres, bénéficiant d'épargne salariale.

Patrick Coquidé