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La Réunion : la révolte des jeunes pour des contrats aidés

Une voiture prend feu au Port, le 19 février, dans l'île de La Réunion.

Une voiture prend feu au Port, le 19 février, dans l'île de La Réunion. - -

Des jeunes en colère manifestent depuis deux jours dans l'île pour réclamer des contrats aidés. Près de 60% des jeunes de l'île sont au chômage.

A La Réunion, la crise économique n’est pas terminée. Cela fait deux nuits que l’île est le théâtre de violences : des jeunes en colère barrent les routes pour réclamer des contrats aidés.

Ces événements ont réveillé chez bon nombre de Réunionnais le spectre des émeutes de février 2012 contre la vie chère, qui se sont étendues à toute l'île pendant une semaine après un barrage de route. Des dizaines de commerces avaient été pillés.

Lundi, la situation a dégénéré en fin de soirée au Port après une charge de forces de l'ordre pour lever un barrage sur un axe routier vital entre le Nord et l'Ouest, entraînant des affrontements pendant la nuit avec les jeunes. Après une journée de calme mardi, les violences ont repris de plus belle dans la nuit. La mairie annexe de la Rivière des Galets a été à moitié détruite par un incendie, selon les pompiers. Pourquoi de telles violences ? Revue de détails.

> Le chômage, problème majeur de La Réunion

Interrogé mardi soir sur la chaîne Réunion 1ère, le ministre des Outre-mer Victorin Lurel a appelé les jeunes à se montrer "raisonnables", indiquant que "l'Etat a fait son travail" en attribuant "9.000 contrats aidés et 7.000 emplois d'avenir à La Réunion".

Face au taux de chômage record de l'île - 30% en moyenne, atteignant près de 60% chez les jeunes -, les contrats aidés non marchands, d'une durée de six mois, constituent souvent le seul espoir d'occuper un emploi. Fin 2012, 8.000 entreprises de l'île ne pouvaient plus payer leurs charges sociales et fiscales, représentant 1,2 milliard d'euros de dettes, selon la préfecture.

> Les maires impuissants ?

Les Réunionnais se tournent ainsi de plus en plus vers les collectivités publiques. Mais de nombreux maires se plaignent de ne pas disposer des moyens suffisants pour répondre à la demande.

"Comment croire que 5.000 emplois d'avenir suffiront à contenter les 23.000 jeunes recherchant du travail, s'est ainsi plaint le sénateur-maire de Saint-Pierre, Michel Fontaine (UMP). L'Etat finance 75% des emplois d'avenir mais les 25% qui restent sont à notre charge. Si on les distribue, ça ferait exploser notre budget", a-t-il ajouté.

"A Saint-Denis, nous avons fait l'effort nécessaire en investissant 2 millions d'euros pour attribuer 300 contrats d'avenir. Nous sommes prêts à les prendre sur d'autres postes", affirme le maire PS de Saint-Denis, Gilbert Annette, contestant les critiques de maires de droite.

> Des accusations de clientélisme

Bon nombre de Réunionnais renvoient toutefois les deux camps dos à dos en accusant les maires d'utiliser les contrats aidés à des fins clientélistes.

"Pendant des années les maires ont entretenu leur électorat avec des contrats et aujourd'hui ils disent qu'ils ne peuvent rien", a déploré une jeune femme sur les ondes de Radio Free Dom, reprenant une accusation récurrente sur l'île concernant l'attribution de ces contrats.

Pour tenter d'échapper à ces critiques, certains maires de l'île ont annoncé leur décision de confier à Pôle emploi la sélection des candidats à un contrat.

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