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La mobilité, une piste contre le chômage

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En juin, la hausse du chômage en France a été de 0,8 % soit 23 700 demandeurs d'emploi, sans aucune activité, de plus. Face à ces chiffres une solution est envisagée par certains spécialistes : la mobilité. « Un emploi à vie ça n’existe plus », expliquent-ils.

Le chômage est à nouveau en hausse au mois de juin. Pour le 14e mois consécutif le nombre de demandeurs d’emploi a encore augmenté. Il y a désormais 2 945 800 demandeurs d'emploi de catégorie A, du jamais vu depuis août 1999. Sur un an, la hausse est de 7,8 %. Si on inclut les chômeurs des catégories B et C (avec une activité réduite), 4 395 500 personnes étaient à la recherche d'un emploi à la fin du mois de juin.

Choisie ou imposée, la mobilité fait peur

Dans ce contexte, pour trouver un emploi, ils sont de plus en plus nombreux à changer d’entreprise ou d’emploi. Qu’elle soit choisie ou imposée par l’employeur, la mobilité professionnelle fait souvent peur aux salariés qui cherchent pour la plupart à signer un contrat à durée indéterminée. Mais selon un sondage TNS Sofres de 2009, près d'un salarié de plus de 30 ans sur deux a changé d'entreprise, de fonction, de service ou de département durant les 5 années précédentes.

« Les Français doivent être plus mobiles »

Emmanuelle Barbara, avocate spécialiste en droit social au cabinet August et Debouzy à Paris, est pour une plus grande flexibilité géographique des salariés : « Les Français doivent être plus mobiles. Un emploi à vie ça n’existe plus. Il faut revoir le dispositif de la formation pour donner de véritables armes pour poursuivre une carrière dans d’autres entreprises. Il faudrait que cette fameuse ancienneté puisse s’acquérir dans le cadre de sa carrière. Et mettre en adéquation avec la réalité du moment les fameuses indemnités de licenciement adossées à des durées d’emploi qui n’existent plus ».

« La mobilité doit être sécurisée »

Magali Feron, membre de la commission exécutive confédérale de la CGT, est plutôt contre la mobilité des salariés dans les conditions actuelles : « On est contre des propositions qui visent à déstructurer le code du travail et les garanties des salariés. La mobilité doit être sécurisée. On veut que les droits soient attachés à l’individu et qu’il soit transférable d’une entreprise à l’autre. On veut qu’il y ait un droit de retour dans l’entreprise d’origine après un projet de mobilité si ça ne marche pas. On veut une suspension du contrat de travail et non une rupture, mais que tout cela soit sécurisé par rapport à l’ancienneté et que cela ne se fasse pas au détriment des acquis du salarié ».

La Rédaction avec Y. Abback et A.Rosique