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La fin des 35 heures dans les hôpitaux de Paris?

L'accord sur le temps de travail aux hôpitaux de Paris (ici l'hôpital Georges Pompidou dans le XVeme) date de 2002.

L'accord sur le temps de travail aux hôpitaux de Paris (ici l'hôpital Georges Pompidou dans le XVeme) date de 2002. - Thomas Samson-AFP

Martin Hirsch, le patron de l'Assistance publique, veut remettre à plat l'accord sur le temps de travail dans les hôpitaux parisiens signé en 2002. En réduisant les RTT, il veut réorganiser le travail tout en sauvant des emplois.

Attention dossier à très haut risque. Ce mercredi, Martin Hirsch, le patron des hôpitaux de Paris, rencontre pour la première fois les syndicats pour évoquer un sujet brûlant: les 35 heures ! 

il veut en effet remettre à plat l'accord sur le temps de travail très généreux pour les 95.000 salariés de l’Assistance publique qui prévoit jusqu’à 25 jours de RTT par an. Même s'il n'a pas besoin juridiquement de leur feu vert pour le faire, il espère arriver à un accord avant le début de l’été pour une application au 1er janvier 2016. Ce qui est loin d’être gagné puisque la CGT, Sud et Force ouvrière, appellent déjà à la grève le 21 mai prochain.

20 à 25 millions d'économies par an

Martin Hirsch, qui ironie de l’histoire était directeur adjoint du cabinet de Martine Aubry au ministère des Affaires sociales lorsqu’elle a mis en place les 35 heures sous Lionel Jospin, voudrait réduire le nombre de jours de RTT. Ce qui permettrait d'abord selon lui de réorganiser les services. Faute de personnel en nombre suffisant, les RTT non prises sont d'ailleurs nombreuses: près d'un million de jours ont été placés sur les compte-épargne-temps (CET) des agents. 

Cela permettrait aussi 20 à 25 millions d’économies par an, estime-t-il. Surtout, jusqu’à 4.000 emplois sur 95.000 pourraient être ainsi sauvés alors que le gouvernement a demandé aux hôpitaux publics de participer à hauteur de 3 milliards d’euros à son plan d’économie de 50 milliards d’ici 2017. 

Marisol Touraine aux abonnées absentes

Dans l’affaire, une personne se fait très discrète : Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, qui visiblement laisse Martin Hirsch aller au feu avant de prendre position. Car au-delà des hôpitaux de Paris, c’est le millier d'hôpitaux publics de province qui est concerné et avec lui plus d’un million d’agents. 

Surtout, la question de la réduction du temps de travail concerne également la fonction publique territoriale et ses 1,9 million d'agents qui bénéficient, eux aussi, très souvent d'accords très généreux en matière de RTT.

La question des 35 heures dans le secteur public reviendra de toutes les façons sur le devant de la scène : tous les candidats UMP à la présidentielle de 2017 veulent la remettre en cause. 

P.C