BFM Business

L'Europe fait front contre les manœuvres de Mittal

Arcelor Mittal ne veut pas attendre le plan européen sur la relance de l'acier pour se retructurer.

Arcelor Mittal ne veut pas attendre le plan européen sur la relance de l'acier pour se retructurer. - -

La Commission européenne a demandé mardi à Arcelor Mittal d'attendre le plan pour l'acier que l'Union doit mettre en place avant de lancer son plan de restructuration. Ce que l’aciériste a refusé.

Un plan pour relancer le secteur de l'acier sera adopté en juin en Europe. En attendant, le Commissaire européen à l'Industrie Antonio Tajani a demandé à Arcelor Mittal de reporter sa restructuration européenne. Mais l'industriel a opposé une fin de non-recevoir à cette demande, estimant que ce n'était pas de l'ordre de Commission européenne ni des Etats membres d'intervenir dans ce qui relève de la libre entreprise.

Lakshmi Mittal n'était, semble-t-il, pas disposé à collaborer ce mardi 12 février. Le dossier de l'aciériste était l'objet d'une table-ronde entre le commissaire européen à l'Industrie et treize ministres européens de l'Industrie. Convié à y participer, l’actionnaire majoritaire du groupe de sidérurgie ne s’est pas présenté.

Une absence qu’a regrettée Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, reçu à l'Elysée aujourd’hui. "En règle générale, quand trois gouvernements se réunissent pour parler d’une entreprise, il est peu convenable que le propriétaire de cette entreprise ne soit pas présent", a-t-il déploré.

Le patron indien est actuellement la cible de critiques des deux côtés du Quiévrain. En Belgique, au Luxembourg et en France, l’industriel se restructure pour faire face à la baisse de la demande en Europe.

Des fermetures en Belgique et en France

Les dirigeants de ces pays reprochent à Mittal de jouer les uns contre les autres dans les fermetures de site. François Hollande et Jean-Claude Juncker ont ainsi appelé à la mise en place d’un front commun européen pour l’en empêcher.

En France, le groupe ferme ses deux hauts fourneaux de Florange. Et les menaces de nationalisation émises par le ministre du Redressement productif n’ont pas été suivies d’effet. En Belgique, Mittal a annoncé la fermeture d’une cokerie, de six lignes de production, de deux hauts fourneaux et de la fonderie à Liège. Au Luxembourg, il a suspendu son four à arc.

Lors de sa conférence commune avec le président français, Jean-Claude Juncker a promis que Lakshmi Mittal n'échapperait pas à une confrontation avec les représentants des trois Etats.

Nina Godart et avec agences