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Heureux les salariés qui travaillent ce 1er mai

Les vendeurs de muguet n'ont pas le choix: ils doivent travailler le 1er mai s'ils veulent écouler leur marchandise.

Les vendeurs de muguet n'ont pas le choix: ils doivent travailler le 1er mai s'ils veulent écouler leur marchandise. - Bertrand Langlois - AFP

Ce mois de mai compte 4 jours fériés qui permettront à la majorité des salariés de faire le pont. Mais pour ceux qui devront travailler, mieux vaut être volontaire pour ce premier mai car c'est le seul qui permet de doubler son salaire.

Le calendrier français compte 11 jours fériés, dont quatre tombent en mai cette année. Une aubaine pour la majorité des salariés qui vont ainsi profiter de week-ends prolongés... Mais d'autres n'auront pas le choix, ils devront aller travailler. Que dit la législation en termes d'obligations de présence, de récupération, voire de bonus salarial ? Et quid de 2016, où nombre de jours fériés tomberont un dimanche: sera-t-il possible de les récupérer? Le point en 6 questions.

> Un repos obligatoire pour tous?

Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé (non travaillé). La loi prévoit cependant une exception pour "les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail", comme les transports, les hôpitaux et certaines industries.

En France, l'usage veut que les autres jours fériés soient tous chômés. Néanmoins, rien n'interdit à un employeur de faire travailler ses collaborateurs ces jours-là. Seuls les salariés et apprentis de moins de 18 ans en ont l'interdiction, à l''exception de quelques branches (hôtellerie, boulangeries, boucheries, fleuristes, spectacles, etc.).

> Jour férié travaillé, salaire augmenté?

Aucun complément de salaire n'est prévu par la loi. Seule la convention collective peut offrir une majoration au bénéfice du salarié. Une exception: pour la fête du Travail, le 1er mai, les heures travaillées sont payées doubles.

> Jour férié chômé, salaire diminué?

Non. Le Code du travail dit que "le chômage des jours fériés ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins trois mois d'ancienneté dans l'entreprise". Autrement dit, un salarié doit toucher le même salaire qu'habituellement, y compris les primes auxquelles il a droit. Cependant, "ces dispositions ne s'appliquent pas" aux salariés saisonniers, intermittents, temporaires ou travaillant à domicile.

> Le dimanche, un jour férié perdu ou récupéré?

Un jour férié qui tombe lors du repos hebdomadaire, c'est-à-dire essentiellement le dimanche, est perdu. Ce sera le cas cette année le 1er novembre pour la Toussaint. En 2016, ce sera pire: les 1er et 8 mai, ainsi que Noël, tombent un dimanche. Par ailleurs, un salarié qui part en vacances sur une période comprenant un jour férié a le droit de ne pas le décompter de ses congés payés, si celui-ci tombe un jour ouvrable non travaillé dans l'entreprise qui l'emploie.

> La Pentecôte, chômée ou travaillée?

Le lundi de Pentecôte était devenu en 2004 un jour travaillé mais non payé, au titre de la "Journée de solidarité", destinée au financement de l'autonomie des personnes âgées et des handicapés. Avec l'assouplissement du dispositif, en 2008, il est redevenu férié.

Désormais, les entreprises sont libres de décider quel jour de l'année elles utilisent pour contribuer à la Journée de solidarité. Celle-ci peut être fixée n'importe quand, sauf le 1er mai.

"A défaut d'accord collectif, l'employeur peut définir unilatéralement les modalités d'accomplissement de la journée de solidarité après consultation du comité d'entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel s'ils existent", précise la loi.

> L'employeur peut-il refuser d'accorder un "pont"?

Oui, l'employeur peut tout à fait refuser à ses salariés la pose d'un congé la veille ou le lendemain d'un jour férié. La décision est prise au niveau de l'entreprise. Certaines d'entre elles choisissent néanmoins de favoriser les "ponts", l'activité économique étant souvent très réduite, en imposant par exemple de poser une journée de RTT (réduction du temps de travail) pour ceux qui en bénéficient.

Le prochain "pont" aura lieu à l'Ascension, qui tombe cette année le jeudi 14 mai.

C.C. avec AFP