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Grèves, manifestations: le mois de mai s'annonce agité

Les cheminots entendent poursuivre leur grève entamée il y a un mois (image d'illustration).

Les cheminots entendent poursuivre leur grève entamée il y a un mois (image d'illustration). - Bertrand Guay - AFP

Outre les traditionnelles manifestations du 1er mai, plusieurs appels à la mobilisation contre la politique gouvernementale ont été lancés. Tour d'horizon.

Le mois de mai marquera-t-il l’essoufflement de la contestation ou, au contraire, l’avènement d’une convergence des luttes de nature à faire plier le gouvernement? Une chose est sûre: les mécontentements perdurent, en témoignent les nombreuses manifestations prévues lors des 30 prochains jours.

Comme d’habitude, le 1er mai verra les syndicats défiler en ordre dispersé. La CGT, qui avait appelé à un rassemblement unitaire, ne sera accompagnée que de Solidaires, sauf en Ile-de-France où Force Ouvière a favorablement répondu à l’appel. FO, qui vient d’élire Pascal Pavageau à sa tête après 14 ans de règne de Jean-Claude Mailly, devrait cependant durcir ses positions dans les prochaines semaines et participer à une prochaine journée d’action interprofessionnelle.

La CFDT, elle, organisera "un 1er mai culturel et revendicatif" avec deux autres syndicats réformistes, l’Unsa et la CFTC.

Fronde politique à gauche de Macron

On semble donc encore loin d’un raz-de-marée, même si la mobilisation pourrait être significative. Car outre les appels des confédérations, ce 1er mai doit rassembler d’autres acteurs. Des salariés des Ephad, de La Poste ou de Carrefour, mais aussi des employés de la fonction publique, des étudiants ou des cheminots, voire des retraités, sont également attendus.

Certains éléments indépendants des syndicats (zadistes, black blocs venus de l’étranger) pourraient en outre se joindre aux manifestations, ce qui fait craindre aux autorités des débordements. Un gros dispositif policier sera ainsi mis en place, en particulier dans la capitale, où certains sites comme Tolbiac ou la Sorbonne seront surveillés de près.

Parallèlement aux syndicats, un front politique s’est ouvert à la gauche d’Emmanuel Macron. Après un rassemblement mêlant diverses sensibilités ( NPA, Insoumis, PCF, écologistes) le 30 avril, Les Insoumis appellent ainsi à faire "la fête à Macron" le samedi 5 mai. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont espérées par les organisateurs, au premier rang desquels le député LFI François Ruffin. Le principe est simple: agréger les différents mécontentements afin de donner plus de poids à l’opposition.

Grèves à la SNCF, Air France et dans la fonction publique

Mais le mois de mai sera également marqué par des grèves à répétitions, notamment du côté de la SNCF et d’Air France. Dans les deux cas, une sortie de crise apparaît bien éloignée, tant le dialogue entre la direction et les syndicats est au point mort. Hasard du calendrier, les grèves au sein des deux compagnies convergeront les 4 et 5 mai, puis le 8 mai.

Le 7 mai, les personnels d'Air France sont également appelés à la grève. Quant aux cheminots, ils devraient poursuivre leur grève de deux jours tous les cinq jours, entamée il y a déjà un mois. Tandis que les salariés du secteur de l’énergie bénéficient toujours d’un préavis de grève de trois mois déposé par la CGT.

Le 22 mai, ce sera au tour des fonctionnaires de cesser le travail, répondant à l’appel de tous les syndicats, y compris les plus réformistes. Il s’agira de la troisième mobilisation dans la fonction publique depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.

Ce dernier peut cependant envisager l’avenir avec une relative sérénité. Tandis que les centrales syndicales et les partis politiques apparaissent désunis (pour l’instant), le soutien de l’opinion publique aux grèves semble s'éroder. Le chef de l’État observera d’ailleurs l’agitation sociale de la prochaine semaine de très loin, puisqu’il s’envolera pour l’Australie et la Nouvelle - Calédonie.

Y.D.