BFM Business

GM&S: le tribunal rendra son verdict mercredi

GM&S est actuellement en procédure de redressement judicaire

GM&S est actuellement en procédure de redressement judicaire - Pascal Lachenaud - AFP

L'avocat des salariés a indiqué ce mardi que le tribunal de commerce rendrait finalement sa décision le 24 mai. Il juge probable que la période d'observation soit prolongée.

Les salariés de GM&S Industry vont encore devoir attendre. Le Tribunal de Commerce de Poitiers, qui examinait mardi après-midi la situation de l'équipementier automobile creusois GM&S Industry en redressement judiciaire, rendra sa décision mercredi, a-t-on appris auprès de l'avocat des employés, qui a estimé "probable" une prolongation de la période d'observation.

"Je n'ai pas d'inquiétude majeure à l'issue de l'audience parce que tout le monde a opiné dans le même sens" en faveur d'une prolongation, a déclaré Me Jean-Louis Borie, à la sortie du tribunal. "Les annonces qui ont été faites dans le week-end ont pesé".

Hausse des commandes

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé dimanche que PSA et Renault, principaux clients de GM&S, augmenteront leurs commandes, respectivement de 10 à 12 millions d'euros et de 5 à 10 millions.

"Une lettre d'intention a été reçue d'un éventuel repreneur, d'une surface financière considérable, qui ne vient pas du secteur automobile, mais est prêt à s'associer avec ce secteur", a précisé l'avocat. "Reste à voir quelle serait l'attitude des constructeurs et surtout le sérieux de son projet", a-t-il poursuivi.

Pour l'avocat, les salariés de l'équipementier peuvent avoir "l'espoir d'une poursuite d'activité pendant une certaine période. Pour satisfaire aux dispositions du Code du Commerce ce sera probablement 6 mois", mais avec probablement "une audience fin juin pour examiner des offres de reprise" et "laisser émerger des offres qui pourraient être meilleures que celle présentée pour l'instant par GMD", a-t-il ajouté.

Manifestations devant le palais de justice

Le groupe stéphanois GMD (Groupe Mécanique Découpage), avait transmis une lettre d'intention pour GM&S. Ce spécialiste de plasturgie, fonderie, emboutissage avait déjà manifesté un intérêt en 2014, lors du précédent redressement judiciaire du site. Le nom de l'emboutisseur Magnetto, filiale basée à Aulnay-sous-Bois de l'Italien CLN Group, avait aussi été évoqué.

Dans l'après-midi, environ 400 manifestants, dont 250 salariés venus en bus de l'usine de La Souterraine et des militants CGT de la région, se sont réunis devant le Palais de Justice, à quelques encâblures du Tribunal de Commerce. L'ex-candidat à la présidentielle pour le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et représentant CGT girondin, Philippe Poutou, était présent.

Le 16 mai, une manifestation nationale à l'appel de la CGT avait rassemblé à La Souterraine 2.000 à 3.000 personnes.

Le site de GM&S à La Souterraine, deuxième employeur privé de Creuse, avec 283 salariés, est occupé depuis le 11 mai par les salariés qui affirment l'avoir "piégé" avec des bonbonnes de gaz. Alors que l'entreprise est en redressement judiciaire depuis décembre, les salariés se battent pour obtenir un sursis en vue d'une reprise.

J.M. avec AFP