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GE Hydro/Alstom: la direction poussée par Bercy à reprendre le dialogue

Des salariés de GE/Hydro sur le site de Grenoble

Des salariés de GE/Hydro sur le site de Grenoble - Jean-Pierre Clatot - AFP

Le secrétaire d'État Benjamin Griveaux a demandé aux dirigeants de renouer le dialogue avec leurs employés alors qu'une restructuration devant amener à la suppression de 345 postes est actuellement en discussion.

À la demande du gouvernement, la direction de General Electric se rendra rapidement à Grenoble pour reprendre le dialogue avec les salariés de l'usine GE Hydro/Alstom, visée par un plan de 345 suppressions d'emplois, a-t-on appris lundi soir auprès du ministère de l'Économie.

"Benjamin Griveaux (secrétaire d'État à l'Économie) a demandé à la direction de GE de se rendre sur place dans les meilleurs délais afin de rétablir le dialogue, ce qu'elle a accepté", a-t-on indiqué à Bercy, à l'issue d'une réunion de plusieurs heures entre la direction de la branche énergies renouvelables du groupe américain et le secrétaire d'État.

345 postes menacés

GE a annoncé cet été vouloir restructurer son activité hydroélectricité, incluant notamment un plan de suppression de 345 des 800 postes du site de production et conception de turbines hydroélectriques de pointe de Grenoble, passé sous le contrôle du conglomérat américain lorsqu'il a racheté la branche énergie d'Alstom en 2014.

Après une grève et un blocage du site, occupé pendant neuf jours pour s'opposer à ce plan, les représentants des salariés de GE Hydro/Alstom ont été reçus jeudi dernier au ministère de l'Économie mais se sont dit "déçus" à l'issue de cette rencontre.

Lundi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a appelé General Electric à "tenir" les engagements pris en 2014 de créer 1.000 emplois nets en France d'ici 2018.

"À mi-hauteur" des engagements

Si GE n'a pas souhaité faire de commentaire à l'issue de la réunion, Jérôme Pécresse, PDG de GE Renewable, et Yves Rannou, en charge de l'activité hydraulique, ont une nouvelle fois confirmé les engagements du groupe durant cette réunion, a assuré le ministère.

Le groupe américain estime actuellement être "à mi-hauteur de cet engagement", selon un porte-parole.

D'ici 2018, GE compte notamment créer 1.000 postes dans la Fonderie digitale (250 personnes) à Paris, un centre de services partagés à Belfort (200 personnes), un programme de recrutement de jeunes talents (240 postes), et sur les différents sites industriels (310 postes).

"Beaucoup de turn-over"

La future usine de fabrication de pâles d'éoliennes à Cherbourg, actuellement en construction, devrait aussi embaucher plus de 500 personnes lorsqu'elle sera "à pleine charge".

En parallèle, environ 590 postes ont été supprimés en France depuis 2016 -- contre 765 prévus initialement -- dans le cadre d'un plan de restructuration européen.

Outre ces suppressions de postes annoncées, il y a aussi "beaucoup de turn-over, des gens démissionnent", a précisé à l'AFP un représentant de la CFDT, qui doute que le groupe tienne ses engagements.

Sur les embauches prévues à Belfort par exemple, "seulement 100 (ont été) réalisées à ce jour", selon lui.

À l'issue de la réunion avec la direction de GE, le ministère n'a toutefois pas précisé les pistes envisagées concernant l'avenir du site, alors que Bruno Le Maire a affirmé que le gouvernement allait y "travailler".

"Est-ce qu'on peut réinvestir, est-ce qu'on peut faire autre chose? Certainement. C'est là-dessus que nous allons travailler", a déclaré le ministre, jugeant nécessaire que l'entreprise s'adapte à un marché de l'hydroélectricité "largement saturé", ce que contestent les salariés du site de Grenoble.

J.M. avec AFP