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Gattaz: "Il ne faut pas espérer un chômage à moins de 9%"

Pierre Gattaz se dit prêt à soutenir la gauche à certaines conditions

Pierre Gattaz se dit prêt à soutenir la gauche à certaines conditions - Éric Piermont - AFP

Le président du Medef revient dans Le Parisien sur les conséquences sur l'emploi du projet de loi Travail. Le patron des patrons douche les espoirs de voir le nombre de demandeurs d'emploi reculer considérablement.

Ce n'est pas un secret, le Medef n'est guère enthousiasmé par la version actuelle du projet de loi Travail, qu'il juge édulcorée. Son président Pierre Gattaz le prouve une nouvelle fois dans un entretien au Parisien de ce jeudi 7 juillet, en affirmant que le texte ne créera pas d'emploi. Le gouvernement s'est complètement "loupé dans ce domaine", juge-t-il.

Au sujet justement de l'emploi, le patron des patrons fait preuve d'un pessimisme qui tranche avec l'amélioration récente de la conjoncture, et les deux mois consécutifs de recul du nombre de demandeurs d'emploi (en avril et en mai). Il prédit "des mois à venir chaotiques, avec une croissance modeste".

"Je suis prêt à soutenir une gauche réformiste"

"Le pacte de responsabilité commence à porter ses fruits mais il ne faut pas espérer voir le taux de chômage régresser, le voir passer à moins de 9%", ajoute-t-il.

Au passage, Pierre Gattaz évoque l'élection présidentielle de 2017. Il en profite pour tordre le cou au cliché qui voudrait que le chef d'une organisation patronale prenne parti pour la droite. "Un patron n'est pas quelqu'un qui se lève le matin pour licencier à tout prix, comme un Dracula sanguinaire. Je suis prêt à soutenir une gauche réformiste, à dialoguer avec des syndicats qui ne se focalisent pas sur un rapport de forces", assure-t-il.

Enfin concernant le compte pénibilité, le président du Medef redit ce qu'il avait déjà affirmé à savoir que "ce n'est pas qu'on ne veut pas l'appliquer, c'est qu'on ne peut pas car nous ne savons pas faire tout simplement".

J.M.