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François Chérèque quittera la tête de la CFDT dès novembre

Le choix du successeur de François Chérèque est décidé

Le choix du successeur de François Chérèque est décidé - -

Alors qu'il devait passer la main à son successeur en mars 2014, le secrétaire général de la CFDT a annoncé, mardi 18 septembre, qu'il quitterait ses fonctions dès novembre après dix années de mandats.

"J'ai pris la décision de mettre fin à mon mandat de secrétaire général de la CFDT à l'occasion de l'Assemblée générale des syndicats des 28 et 29 novembre prochain, quelques mois avant l'échéance prévue".

Dans une lettre aux militants de la CFDT rendue publique ce matin, François Chérèque annonce ainsi qu'il va passer le relais à son successeur désigné, Laurent Berger, numéro deux de la confédération. Il avait déjà prévenu qu'il ne resterait pas en place jusqu'en mars 2014, date théorique de fin de son troisième mandat à la tête du second syndicat de France.

Période propice

" La période est propice pour ce passage de relais", écrit François Chérèque pour expliquer sa décision."Une alternance politique a eu lieu en France. La CFDT a su imprimer sa marque dans le débat", ajoute le successeur de Nicole Notat en 2002. A 56 ans, il justifie également sa décision par des raisons plus personnelles, en particulier "retrouver un peu de tranquilité".

Coïncidence volontaire ? L'annonce de ce départ anticipé et programmé intervient alors que la CGT se déchire pour choisir le successeur de Bernard Thibault. Le choix pourrait finalment intervenir début novembre lors d'un comité exécutif. En face, la CFDT peut ainsi montrer l'image d'une organisation soudée qui fonctionne bien.

Négociations avec le patronat

Certains s'étonnneront cependant que le leader de la CFDT quitte la direction de la confédération alors que celle-ci participe depuis vendredi 14 septembre aux négociations sur la réforme du marché du travail avec les autres syndicats et le patronat.

Le gouvernement leur a demandé de conclure avant la fin de l'année, faute de quoi il prendrait des décisions unilatéralement. François Chérèque aurait peut-être pu attendre cette échéance pour annoncer sa décision. A moins qu'il veuille laisser les mains libres à son successeur, Laurent Berger, dans cette négociation délicate pour la CFDT.

En effet, FO et CGT ont ouvertement critiqué la ligne suivie depuis le printemps par François Chérèque, jugé trop proche du Medef pour vouloir davantage de compétitivité en France.

Patrick Coquidé