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Ford Blanquefort : mobilisation pour sauver les 1000 emplois

L'usine Ford de Blanquefort pourrait être sauvée grâce à des aides publiques.

L'usine Ford de Blanquefort pourrait être sauvée grâce à des aides publiques. - -

Pour sauver 1000 emplois sur le site Ford de Blanquefort, de la Ville à la Région, les collectivités d’Aquitaine mettent la main à la poche. Elles sont prêtes à débloquer 12,5 millions d’euros d’aides publiques.

Réunion décisive ce vendredi matin à Blanquefort, en Gironde. Un comité de pilotage se réunit dans les locaux du site de l’usine Ford : objectif, signer une convention entre la direction de la multinationale et les acteurs publics français pour pérenniser les 1 000 emplois du site. Les collectivités locales sont mobilisées et sont surtout prêtes à mettre la main à la poche pour sauvegarder des emplois. 

125 milliards d’euros contre 1000 emplois

12,5 millions d’euros, c’est l’enveloppe d’aides publiques proposée par la ville de Blanquefort (10 000 euros), la communauté urbaine de Bordeaux (2,5M), la Gironde (2M), l’Aquitaine (2,5M) et l’Etat (5,5M), pour sauver les 1000 emplois du site et relancer l’activité. En échange, Ford s’engage à conserver les 1000 salariés et à lancer un programme d’investissements à hauteur de 125 millions d’euros. De nouvelles machines pour produire des boîtes de vitesse d’un nouveau type ont déjà été installées.
Le versement des aides publiques se fera de manière échelonnée sur cinq ans, si les engagements sont tenus, assurent les collectivités.

L’usine vendue par Ford puis rachetée... par Ford

L’usine de Blanquefort avait d’abord été vendue fin 2009 par Ford, avant d’être rachetée par le même constructeur moins de deux ans plus tard. Depuis, une majeure partie des salariés sont au chômage technique par intermittence. Pour l’instant, seules environ 300 personnes travaillent dans l'usine, selon les syndicats. Ils appellent à manifester ce vendredi devant l’usine pour « rappeler à Ford qu’elle doit tenir ses engagements, le plus vite possible », selon Philippe Poutou, ancien candidat à la présidentielle et syndicaliste CGT sur le site Ford de Blanquefort.

« Qui peut assurer que Ford va tenir ses promesses ? »

Pour Thierry, qui est salarié de l’usine depuis 27 ans, donner autant d’argent est assez risqué. Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Il n’en est pas sûr. « Qui peut assurer que Ford va tenir ses promesses ? s’interroge-t-il. En 2006, ici, on était 2 500 salariés. Et aujourd’hui on n’est plus qu’un peu plus d’un millier. Plan de départ à la retraite, PSE, on a connu tout ça. La confiance elle ne revient pas comme ça. Ford au niveau mondial fait 20 milliards de bénéfice et il demande encore de l’aide publique ? Ce n’est pas normal. Je serai satisfait si à la fin les 1000 emplois étaient maintenus ».

« Ce n’est pas un chèque en blanc »

Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, entend mettre 2,5 millions d’euros sur la table pour sauver l’usine et ses emplois. Mais certains voient dans ce versement une aide inappropriée. Pas lui. « On a une espèce de challenge. Quel doit être le rôle des pouvoirs publics dans le domaine économique ? On a arrêté les ronds-points, les salles polyvalentes, les salles des fêtes. Pour l’instant, le métier de la région, c’est la créativité. Ford revient. C’est une stratégie industrielle, ce sont des investissements sur lesquels les pouvoirs publics vont intervenir d’une manière assez substantielle. Après, il faut regarder ce qu’il se passe. Si ce programme ne se réalise pas, que les machines ne sont pas achetées par Ford et que les emplois ne sont pas créés, je ne peux pas verser l’argent. Ce n’est pas un chèque en blanc ».

Tugdual de Dieuleveult avec JB. Durand