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Florange: deux réalités économiques opposées pour un même site sidérurgique

A Florange, ArcelorMittal compte deux usines. L'une, pas rentable, est à l'arrêt, alors que l'autre est en pleine forme.

A Florange, ArcelorMittal compte deux usines. L'une, pas rentable, est à l'arrêt, alors que l'autre est en pleine forme. - -

La fermeture d’ArcelorMittal à Florange mobilise l’opinion publique et politique. Mais le groupe ne souhaite pas vendre l’intégralité du site industriel. Car à Florange, il y a en fait deux usines, et deux résultats bien différents.

Arnaud Montebourg a prévenu le géant de l’acier: Lakshmi Mittal doit céder l’ensemble du site de Florange aux repreneurs, faute de quoi l’Etat français nationalisera.

ArcelorMittal ne souhaite, en effet, vendre qu’une partie de l’ensemble industriel: l’usine à chaud, c’est-à-dire les hauts-fourneaux où l’on produit l’acier brut. Ceux-ci ne sont plus rentables selon la compagnie, qui les a arrêtés. Plusieurs millions d’euros seraient nécessaires pour relancer l’exploitation. Ulcos, un projet de production écologique de l’acier, pourrait faire revivre l’activité.

De son côté, Mittal préfère fabriquer l’acier dans son usine de Dunkerque, dont la capacité est trois fois supérieure. L'acier est ensuite renvoyé à Florange, vers la deuxième partie du site mosellan, l’usine à froid. Cette dernière assure la transformation de l’acier pour l’industrie automobile, notamment PSA et les constructeurs allemands. La compagnie souhaite garder cette partie rentable.

Mais pour les salariés de Florange, les deux usines sont indissociables. "La force de Florange, c’est d’être la seule usine en Europe à être intégrée, c’est-à-dire que nous avons tous les outils pour fabriquer et transformer de l’acier", se désole Edouard Martin, délégué CFDT.

Audrey Dufour (texte) et Thomas de Rochechouart et Caroline Mier et Marion Ruault (sujet vidéo)