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Face aux réactions, le Medef va-t-il revenir sur ses propositions?

Les propositions du Medef seront officiellement dévoilées le 24 septembre.

Les propositions du Medef seront officiellement dévoilées le 24 septembre. - Hohn Thys - AFP

Les propositions de l'organisation patronales pour relancer la croissance et l'emploi ont été dévoilées, dimanche 14 septembre, par Les Echos. Le Medef annonce ce lundi vouloir retarder d'une semaine leur annonce officielle.

Le Medef va-t-il faire volte-face? L'organisation patronale vient d'annoncer ce lundi 15 septembre reporter d'une semaine, au 24 septembre, les propositions de son projet visant à créer un million d'emplois en France. "Le Medef souhaite soumettre au débat des propositions de nature économique et sociale et n'entend pas s'insérer dans une séquence politique", explique le communiqué.

Dans une réaction à l'AFP, un porte-parole du Medef a également tenu à tempérer en déclarant qu'il s'agissait d'"éléments de travail" qui "ne correspondent pas exactement aux propositions que fera le Medef dans les prochains jours".

Il faut dire qu'elle a créé le choc avec ses propositions dévoilées par Les Echos le 14 septembre. Le Medef veut, en effet, de supprimer des jours fériés, ou encore de pouvoir déroger à la durée légale du travail ou au salaire minimum.

"Provocation", "outrance"

Les réactions à ces propositions ont été immédiates. Le numéro un du syndicat CFDT, Laurent Berger, a qualifié lundi ces propositions de "provocation". "C'est une provocation à double titre. D'abord sur le contenu des mesures: pour la CFDT il est hors de question d'aller sur ces terrains-là", a dit Laurent Berger. "Et puis c'est une provocation, parce que la semaine dernière, nous nous sommes réunis avec les organisations patronales et les syndicats pour fixer un agenda social", a-t-il rappelé. "Nous avons discuté modernisation du dialogue social, nous avons discuté emploi des jeunes, emploi des chômeurs de longue durée, et le Medef n'en a pas parlé de ces propositions".

Le Medef est "dans l'outrance" a estimé lundi auprès de l'AFP le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly. "A partir du moment où les responsables du Medef font une standing ovation au Premier ministre" Manuel Valls, lors de l'université d'été du Medef le mois dernier, "ils pensent qu'ils influent les pouvoirs publics et ils en rajoutent", a-t-il estimé. "Toutes ces pistes, on les rejette", a déclaré Jean-Claude Mailly, qui a demandé: "la prochaine étape, c'est qu'on va faire travailler les enfants?".

Sur RMC, Eric Aubin membre de la commission exécutive de la CGT a déclaré que "le Medef nous mène en bateau. Il a les 40 milliards et considère qu’il n’en a pas encore assez et qu’il faut maintenant remettre en cause tous les acquis des salariés. Il est temps que le Medef arrête et que le gouvernement réagisse".

Michel Chassang, président de l’Union nationale des professions libérales, lui, se désolidarise du Medef. "Ce n’est pas raisonnable. Est-ce que la situation exige de telles initiatives ? C’est inutilement provocateur".

Diane Lacaze avec AFP