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État d’urgence: patronat et syndicats inquiets...mais pas pour les mêmes raisons

Pierre Gattaz (Medef) et Philippe Martinez (CGT) ont exprimé leur inquiétude auprès de Manuel Valls.

Pierre Gattaz (Medef) et Philippe Martinez (CGT) ont exprimé leur inquiétude auprès de Manuel Valls. - Stéphane de Sakutin - AFP

Conséquences pour les entreprises, baisse de fréquentation des commerces, mais aussi interdiction de manifester…Les différentes organisations patronales et syndicales ont fait part de leurs inquiétudes au gouvernement.

Une semaine après les attentats qui ont frappé la capitale, Manuel Valls a reçu les principaux leaders syndicaux et patronaux à Matignon. A cette occasion, ces derniers lui ont exprimé leurs inquiétudes quant aux répercussions de la mise en place de l’état d’urgence, décidé par le gouvernement.

Le patronat a ainsi mis l'accent sur les conséquences économiques des attentats. Pierre Gattaz, le président du Medef, a en effet indiqué devant la presse avoir appelé à "ne pas prendre des mesures trop drastiques ou anti-économiques, même si, évidemment, il faut renforcer la sécurité". "Il faut trouver un juste milieu", a-t-il ajouté, pour ne pas enfoncer "les entreprises qui sont aujourd'hui touchées par cette crise horrible, dans le commerce, le tourisme, le spectacle".

Son homologue de la CGPME, François Asselin, s'est aussi inquiété des "baisses de fréquentation des commerces, des réservations dans l'hôtellerie". "Ce que nous craignons, c'est que la situation perdure", a-t-il poursuivi, appelant le gouvernement à faire attention à ce que "nos entreprises subissent le moins possible les aléas de ces événements tragiques".

Force ouvrière n'hésitera pas à "appeler à des manifestations"

Du côté des syndicats, les organisations ont demandé que l'état d'urgence ne réduise pas les libertés. Philippe Martinez (CGT) a exprimé ses "inquiétudes sur les conséquences sur les libertés individuelles et collectives de l'état d'urgence et de la modification de la Constitution" annoncée par le gouvernement. Il a aussi appelé à être prudents lors des "perquisitions dans les entreprises" et à faire attention "aux "traumatismes, aux amalgames et aux suspicions qu'elles peuvent causer".

Jean-Claude Mailly, de Force ouvrière, a demandé "quels sont les critères objectifs" pour interdire des manifestations, prévenant que son syndicat n'hésiterait pas à "appeler à des manifestations" s'il n'est pas satisfait de la future réforme du code du travail.

"Dans la période qui arrive, on aura à faire en sorte que les libertés individuelles continuent à s'exercer", a déclaré pour sa part Laurent Berger (CFDT), qui a appelé à l'unité: "Je n'ai pas de problème, sur les valeurs fondamentales de la République, à être uni avec le patronat et les autres organisations syndicales, avec les politiques quels qu'ils soient, à condition qu'ils soient démocrates et républicains".

A l'issue de la réunion, le Premier ministre a chargé la ministre du Travail, Myriam El Khomri, "de mettre en place un comité de suivi" sur les problèmes de sécurité au travail, de poursuite de l'activité économique et de détection de la radicalisation dans les entreprises, selon un communiqué de Matignon.

Y.D. avec AFP