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Entre 30.000 et 80.000 manifestants à Paris, des incidents

La manifestation parisienne a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

La manifestation parisienne a rassemblé plusieurs milliers de personnes. - BFMTV

Le traditionnel défilé du 1er mai a rassemblé ce lundi 30.000 manifestants, selon la préfecture de police, 80.000 selon la CGT. Plusieurs incidents ont éclaté, et trois CRS ont été blessés.

Environ 30.000 personnes ont défilé ce lundi après-midi à Paris, selon les la préfecture de police. La CGT, elle, évoque le chiffre de 80.000. Les manifestants ont répondu à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, pour un 1er mai marqué par le rejet du Front national et la défense du progrès social.

Le cortège s'est ébranlé peu après 14h30 de la place de la République en direction de celle de la Nation.

"Notre slogan est clair: Il faut battre le FN pour le progrès social. Le FN est un parti raciste, xénophobe, antifemme et libéral", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. Pour son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, le mot d'ordre de cette mobilisation est: "contre les reculs sociaux, terreau de l'extrême droite". "Celui qui sera élu aura une responsabilité essentielle quasi historique. S'il ne répond pas aux problèmes posés en termes économiques et sociaux, s'il clive dès le départ, ça veut dire que la situation va s'empirer", a déclaré le dirigeant syndical.

Pour rappel, FO n'a pas donné de consigne de vote pour le second tour entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

"Ce n'est pas un chèque en blanc donné à Emmanuel Macron"

"Nous sommes venus dire "barrons la route au Front national"", parti "raciste, xénophobe, antidémocratique, qui n'apportera pas les réponses attendues sur le front économique et social", a déclaré de son côté Bernadette Groison (FSU). Mais "ce n'est pas un chèque en blanc donné à Emmanuel Macron" et "il y aura des batailles à mener" notamment sur les fronts de l'emploi dans la fonction publique et des retraites.

Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de Solidaires, a rappelé qu'il s'agissait d'une organisation "antifasciste". "En revanche, on est très critique vis-à-vis de Macron", a-t-elle ajouté, rappelant "la loi qui impose le travail le dimanche et qui réduit les conditions de salaires pour le travail de nuit" et le fait qu'il est "derrière la loi travail".

Jean-Luc Mélenchon en larmes

Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise arrivé quatrième au premier tour de l'élection présidentielle, a pris part au défilé. L'ex-candidat est apparu très ému:

Jets de coktails molotov

Plusieurs centaines de militants anarchistes, notamment de la CNT et d'Alternative libertaire, avaient manifesté plus tôt dans la journée place des Fêtes dans le 19e arrondissement "contre le fascisme et le capitalisme". Certains, cagoulés et vêtus de noir, ont rejoint la queue du cortège. 

Peu après le départ du défilé, des incidents ont éclaté. Des coktails molotov ont notamment été jetés sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué à l'aide de grenades lacrymogènes. Trois CRS au moins ont été blessés, dont l'un a été brûlé sérieusement, a indiqué la préfecture de police. Cinq personnes ont été interpellées pour divers motifs: port d'arme prohibé, violences sur agents de la force publique, ou encore dégradations.

En outre, environ 150 personnes cagoulées, qui étaient placées en tête de cortège, ont été isolées et encadrées par des forces mobiles. 

Des dégradations ont également émaillé la manifestation, avec des vitrines dégradées ou encore un Abribus dont la vitre a été cassée.

Y.D. avec AFP