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Emplois non-pourvus: les chiffres du Medef ne sont pas ceux du gouvernement

Les emplois non-pourvus chiffrés par le Medef  le sont majoritairement pour des raisons étrangères aux candidats

Les emplois non-pourvus chiffrés par le Medef le sont majoritairement pour des raisons étrangères aux candidats - -

Les chiffres du chômage de mai 2013 vont être publiée ce mercredi 26 juin à 18 heures. Le gouvernement veut en tout cas faire porter ses efforts sur les emplois vacants. C'est également l'un des objectifs du Medef.

Les chiffres du chômage pour le mois de mai vont être dévoilés ce mercredi 26 juin, tandis que le gouvernement promet encore un retournement de la courbe d'ici la fin de l'année.

Dernière offensive en date sur ce front, celle de François Hollande en ouverture de la conférence sociale, jeudi 21 juin. Il évoquait des mesures à venir sur les emplois non-pourvus en raison d'un manque de qualification, qu'il estimait entre 200.000 et 300.000 postes. Des chiffres qui ont suscité la polémique tant le concept est flou et son chiffrage délicat.

Au même moment, le Medef lançait la deuxième vague de son observatoire "tendance emploi compétence", censé permettre de quantifier et d'expliquer ce phénomène. Son estimation est bien moins alarmiste que celle du chef de l'Etat : 41.490 postes sur un trimestre, soit 20% du total des offres non-pourvues, et 5% du total des postes proposés. Que vaut cet indicateur ?

Un panel qui exclut fonction publique, agriculture...

Les données utilisées par l'organisation patronale sont partielles. Le Medef envoie chaque trimestre un questionnaire à 40.000 responsables du recrutement dont les réponses servent de base de données statistiques à l'observatoire. Mais il n'y a pour le moment que 25.000 répondants environ.

Par ailleurs, l'organisation laisse de côté les trois fonctions publiques, l'agriculture, les particuliers employeurs, les associations et les professions libérales. En somme, il prend en compte 1 022 635 entreprises, quand l'Insee en comptait plus de trois millions en France en 2010.

Du côté de la rubrique "raison d'abandon", les données méritent encore d'être relativisées (voir ci-dessous). Y sont listées les sept causes citées par les recruteurs comme cause de l'annulation de l'embauche au premier trimestre de 2013. Les plus fréquentes sont la "raison conjoncturelle" et la "raison non-conjoncturelle", respectivement 8 et 6% du volume total des postes mis sur le marché au premier trimestre 2013.

Le conjoncturel est l'ensemble des facteurs extérieurs à l'entreprise, comme une commande publique qui est finalement annulée. Le non-conjoncturel est lié à l'entreprise: changement de stratégie, report de projet.

A y regarder de près, seules trois des sept raisons pourraient donc relever de la responsabilité du chômeur: le manque de compétence (5% du volume total de postes), manque ou absence de réponse (1%), et manque d'intérêt pour l'offre ou l'entreprise (1%).

Après calcul, 70% du total des emplois non-pourvus au premier trimestre 2013 (soit 213.292) ne sont pas liés au postulant, mais à l'entreprise ou à son environnement économique.

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Nina Godart