BFM Business

Emploi: la CFDT se défend face aux critiques des autres syndicats

Laurent Berger, le nouveau patron de la CFDT, assume entièrement la position du syndicat lors des négociations sur l'emploi.

Laurent Berger, le nouveau patron de la CFDT, assume entièrement la position du syndicat lors des négociations sur l'emploi. - -

Dans une interview au Monde, le nouveau patron de la CFDT, Laurent Berger, assume la position de sa confédération lors des négociations sur la sécurisation de l'emploi. Et règle quelques comptes avec la CGT.

"Au minimum, l’accord est équilibré, moi, je trouve qu’il est ambitieux!" Laurent Berger, le successeur de François Chérèque à la tête de la CFDT, assume entièrement son paraphe au bas de l’accord passé entre les syndicats et le patronat sur la sécurisation de l’emploi. C’est ce qui ressort d’une interview au Monde, daté du samedi 19 janvier, dans laquelle le dirigeant prend aussi ses distances avec les autres organisations syndicales, en particulier la CGT.

Cible de la gauche de la gauche, de la CGT mais aussi de Force ouvrière, qui lui reprochent le côté social-libéral de l’accord, Laurent Berger a tenu à mettre certaines choses au clair. Tout d’abord, "la CFDT n’est dans les mains de personne", affirme-il, en référence à la proximité supposée du syndicat avec le PS. Sur l’accord, ensuite, le successeur de François Chérèque estime ne pas avoir à s’excuser "d’apporter du plus" aux salariés, "ni d’avoir encadré la flexibilité dans les entreprises, qui aujourd’hui est à la fois sauvage et omniprésente".

L'attitude de la CGT "n'est pas une surprise"

Sujette à de nombreux débats, notamment à propos de ses effets réels, la surtaxation des CDD est, pour Laurent Berger, tout sauf anecdotique. "Les cotisations chômage des CDD de moins d’un mois vont augmenter de75%! Près de 17millions de contrats précaires vont être taxés plus fortement", s’exclame-t-il. "Elle va responsabiliser les chefs d’entreprise, tout en finançant une incitation à l’embauche des jeunes de moins de 26 ans". 

Le dirigeant fraîchement nommé n’oublie pas non plus de régler quelques comptes avec la CGT, qui estime que l’accord contient "des reculs sociaux dictés par le Medef". Il assume ainsi "une conception fondamentalement différente de l’articulation entre la loi et la négociation", tout en indiquant que "ce n’est pas surprise : pour nous opposer à un projet, nous parvenons à agir ensemble; en revanche, faire des propositions communes et s’engager ensemble, c’est plus difficile".

Le titre de l'encadré ici

|||François Chérèque suivra la politique de lutte contre la pauvreté

L'ancien secrétaire général de la CFDT et prédécesseur de Laurent Berger va suivre la politique de lutte contre la pauvreté. Le gouvernement lui a  confié cette mission dans le cadre de ses nouvelles fonctions d'inspecteur général des affaires sociales. François Chérèque est par ailleurs devenu président du "think thank" Terra Nova.

Yann Duvert